100 CANDLES GAME - THE
100 CANDLES GAME - THE
Erica, Kristy, James et Alex jouent à un jeu japonais antédiluvien et allument 100 bougies, forment un cercle avec, se placent au centre et racontent une histoire d'horreur pour chacune d'elle. A l'issue de chaque récit, un membre va éteindre une chandelle devant le miroir de la salle de bains, cette règle devant être absolument respectée si on ne veut pas être maudit ou que quelque chose de maléfique sorte de la psyché devenue portail et vienne vous hanter pour toujours…
L'AVIS :
Il s’agit ici d’une nouvelle anthologie horrifique composée de courts-métrages réalisés par différents cinéastes de nationalités différentes pas forcément la même année, mais reliés de manière assez libre par un récit cadre (The 100 candles game). Contrairement à la plupart des œuvres du genre, celle-ci semble avoir accordé un soin particulier à ce fil conducteur qui entamera les débats : quatre jeunes conteurs en quête d’aventure se réunissent dans une maison abandonnée à l'atmosphère sinistre pour un jeu consistant, pour chacun, à prendre une bougie parmi une centaine formant un cercle et à raconter une histoire de fantômes. Une fois le récit terminé, ils doivent se rendre seuls dans une pièce et fixer leur reflet dans un miroir, un peu comme dans le récent mais bien malingre "The summoning of Baby Blue". Le film ne va pas jusqu’à enchaîner cent récits, mais va en proposer huit en tout.
Le premier, raconté par un de nos conteurs sera donc A little taste. Dans celui-ci, alors qu’elle fuit une menace invisible à travers la forêt, une fillette fait, au milieu d’une clairière, une bien singulière rencontre…
Voilà un court-métrage métrage intéressant qui mêle horreur et suspense, pour se conclure par une scène surprenante. D’aucuns pourraient penser à juste titre que le rebondissement final est certes un peu prévisible, mais l’ensemble reste convaincant et divertissant grâce notamment au jeu des jeunes actrices aux regards terrifiants et glaçants. Le rythme est soutenu malgré son intrigue simple, mais l'œuvre atteint son but assez efficacement.
Le deuxième conte sera When demon dies et mettra en images un père qui interdit à son jeune garçon Joshua de sortir sous peine d'être tué par de dangereuses créatures vivant à l'extérieur de leur ferme isolée : les Gorgers. Mais lorsque le géniteur disparaît mystérieusement, l’enfant est contraint de sortir. Une décision qui changera sa vie pour toujours car quelque chose se rapproche du petit garçon...
D'une facture plutôt correcte avec sa réalisation soignée, ses effets sonores et sa bande originale sortant du lot, ce segment est toutefois ennuyeux car il est trop prévisible quant à son dénouement, dommage.
On enchaîne avec Black eyed child (BEC) dans lequel une vieille dame souffrante est terrorisée par un enfant maléfique aux yeux noirs.
Ce court-métrage d'horreur, aussi effrayant que dérangeant, met en scène une grand-mère en fin de vie respirant à l’aide d’une bouteille d'oxygène, seule la nuit aux prises avec un mystérieux enfant aux ballons de baudruche et aux yeux noirs, symbole habile voire métaphore sur la mort venant finalement la chercher. L’atmosphère est lugubre et angoissante à souhait, mais il faut également louer les visuels troublants ainsi que les sons discordants, le tout sans la moindre ligne de dialogue. On appréciera également l'utilisation judicieuse de la chanson entraînante « Qui a peur du grand méchant loup ? ». Une œuvre qui mérite vraiment le détour malgré une image, à l’instar du superbe "Aliens le retour", peut-être un peu trop sombre et trouble gênant légèrement sa visibilité.
Suivra The visitant montrant les déboires d’une mère qui est seule la nuit avec ses deux filles alors qu'une créature semble rôder dans les chambres et la salle de bains, mais la génitrice n'a pas pris son médicament... est-elle folle ou est-ce que la menace est bien réelle ?
Même si l’on devine un peu ce qu’il se passe, ce court-métrage aux effets numériques stupéfiants et nanti d’une créature au superbe design (interprétée par Doug Jones, acteur au physique atypique vu, entre autres, dans "La forme de l’eau", "The bye bye man", "Always watching : a Marble Hornets story") n'en reste pas moins intense et percutant car il démarre sur les chapeaux de roues et ne relâche jamais son emprise sur le spectateur jusqu'à la fin. Surprenant !
Et ça continue avec Buried alive. Là, Lorena est enfermée dans un cercueil et dispose de très peu d'espace pour bouger. Prise dans une lutte entre désespoir, peur, anxiété et courage, elle affronte la boîte de toutes ses forces et va, à l’aide d’un téléphone avec peu de batterie dans lequel il n’y a qu’un contact, tenter de s’en sortir…
Ce segment c’est "Buried" version féminine et en langue espagnole ! Même si on est en terrain connu, c’est suffisamment bien fait et ça fonctionne vraiment pas mal jusqu’à un final bien pensé pour qu’on y trouve de l’intérêt voire même pour qu’on y prenne plaisir !
Vient ensuite le tour de Blight narrant les pérégrinations d’un jeune prêtre envoyé par bateau pour combattre de sombres forces surnaturelles qui menacent une communauté isolée vivant sur une île. Là, il se rend chez une famille avec une fille enceinte dont on ne sait qui et étant attachée à un lit car comme possédée et qu’il doit aider à accoucher...
Blight parvient à nous captiver en seulement 15 minutes. Ce mini thriller horrifique propose une histoire originale tout en multipliant les clins d'œil à des classiques tels que "L'Exorciste" et "Rosemary's Baby". Le réalisateur Brian Deane et le scénariste Matthew Roche, tous deux amateurs de films d'horreur des années 60 et 70, ont eu envie de créer une œuvre imprégnée de ce style « à l'ancienne » et ils l’ont bien fait, merci à eux !
Drip prend le relais et raconte le récit d’une jeune femme qui emménage dans un nouvel appartement sur la côte ouest des Etats-Unis et se réveille le lendemain pour trouver une photo d'elle en train de dormir sur son téléphone. Mais qui la perturbe en l’espionnant ainsi ? Un stalker malintentionné ? Le fantôme d'un noyé qu'elle a photographié lors d'une soirée au lieu de lui porter secours ? Mystère…
Ce court contient une morale vraiment bien sentie témoignant de l’insensibilité qui frappe notre société désormais accro au téléphone portable. C’est également l’histoire d’une malédiction inéluctable qui s’achève même sur une fin particulièrement réussie.
Puis on rebasculera sur The 100 candles game, le segment servant de fil directeur avec une énième histoire racontée par Erica, l'instigatrice du jeu avec quelques images fugaces, dont celles d'une orpheline recueillie par sa grand-mère un peu sorcière prise pour cible par les voisins. Malgré des personnages manquant de relief et des interprètes pas toujours à la hauteur, ce segment proposera tout de même une belle conclusion à la Freddy Krueger venant se venger de ceux l'ayant brûlé vif dans la chaudière en persécutant leurs enfants avec plein d'éléments qui s'imbriqueront et permettront d’établir des connexions entre plusieurs récits narrés.
Ainsi, malgré un jeu d'acteur assez rudimentaire dans les séquences du récit cadre et l’impression générale que ce jeu de la bougie ne sert guère qu'à faire le lien entre les différents courts-métrages, The 100 candles game, est l'une des anthologies de courts-métrages les plus réussies récemment vues. Les segments les plus convaincants l'emportent largement sur les autres, mais tous témoignent d'une grande maîtrise et d'une réelle intelligence. Si vous êtes amateur d'horreur en format court, cette anthologie saura vous satisfaire même si pour les vrais spécialistes des films à sketches comme votre dévoué, certains auront un fort air de « déjà-vu »…