Hungry
Hungry
Alors qu’ils partent faire une balade en bateau sur les eaux de Louisiane pour y apercevoir des alligators, des vacanciers vont se retrouver coincés dans le bayou, en proie à un hippopotame féroce et prêt à tout pour protéger son territoire.
L'AVIS:
Distribué en France par Netflix dès Septembre 2026 après avoir été projeté au cinéma aux Etats-Unis dans une poignée de salles le 3 Juin de cette même année, "Hungry" a fortement fait parler de lui sur les réseaux sociaux. Le fait qu’il soit disponible sur Netflix et qu’il joue la carte de l’originalité en nous proposant un hippopotame en guise de prédateur n’est pas étranger à ce bouche à oreille important sur le Web.
Malheureusement, quand on s’attarde un peu sur Internet, on se rend vite compte que le film de James Nunn (un habitué des films d’action à qui l’on doit notamment "Hooligans 3" en 2013 et "One shot" en 2021) est loin de ravir tous les spectateurs. D’ailleurs, nombreux sont les sites spécialisés dans le cinéma, et notamment le cinéma fantastique, à s’attarder bien plus sur ses points faibles que sur ses qualités.
Et pourtant, bien que le film porte très mal son titre (rappelons que l’hippopotame est un herbivore et non pas un carnivore – ou alors cela est très très occasionnel - voyez ici un titre surtout racoleur pour les anglophones), je vais pour ma part rester sur une note globale positive. Ce long-métrage étant loin d’être déplaisant et m’ayant fait passer un bon petit moment dans mon canapé, hors de question de « descendre » ce fameux "Hungry".
Ce qui m’a tout de suite attiré et donné l’envie de regarder le film de James Nunn, c’est bien évidemment son sujet : un film mettant en scène un redoutable hippopotame dans des marécages en Louisiane. Voilà bien un animal peu représenté au cinéma alors qu’il est assez effrayant en soi (il n’a clairement pas une gueule de porte-bonheur comme dirait l’autre) et peut s’avérer sacrément effrayant quand il sort de l’eau pour montrer sa jolie dentition (c’est toujours un plaisir d’aller voir le repas des hippopotames au zoo non ?).
Et puis il va sans dire que les films d’attaques animales sont quelque chose que j’apprécie et que je prends plaisir à regarder une fois une grosse journée de travail passée et que je n’ai plus l’envie de me torturer l’esprit devant un scénario plus ou moins alambiqué.
Ce sous-genre du cinéma fantastique (à la lisère du cinéma d’action également) offre généralement des scénarios peu étoffés pour directement entrer dans le vif du sujet : nous placer face à un prédateur de notre si riche faune pour ensuite nous plonger dans un survival animalier.
Et c’est exactement ce qui se passe une fois de plus avec "Hungry" (avec un petit moment d’attente avant de voir notre hippopotame il est vrai) : on prend une poignée de touristes, on les met dans un petit bateau qui bien évidemment va un peu trop s’éloigner de sa trajectoire habituelle (un guide qui a accepté un peu d’argent supplémentaire pour sortir des sentiers battus…), histoire de bien isoler nos malheureux vacanciers et limiter l’arrivée des secours, et on les met face à un redoutable prédateur.
Tout va ensuite tourner autour d’un unique but : survivre à notre puissant et tenace hippopotame. S’ensuivent les gros clichés de ce genre de film mais que nous prenons toujours plaisir à regarder : secourir un blessé, attraper la nourriture qui flotte dans un sac et dans une glacière sur l’eau (car bien évidemment le bateau a été retourné par notre gros pachyderme), monter au point le plus haut de la végétation pour ne pas se faire happer, vivre un grand moment de bravoure où soudainement quelqu’un tombe à l’eau et vient alors le moment de le secourir en allant à son secours à la nage…
Oui, à ce titre "Hungry" fait dans le classique mais cela fonctionne plutôt bien : on ressent cet isolement (pas âme qui vive dans ces bayous, même la faune locale a été décimée comme en témoigne cet énorme alligator tué par notre prédateur du jour) et ce sentiment d’insécurité (la bête est grosse, bondit de l’eau, nage très vite, se déplace aussi très aisément sur terre…) tout au long du film et les scènes d’attaques sont énergiques et redoutables (même si on aurait peut-être aimé un peu moins d’hors-champs… mais c’est pour mieux nous dévoiler petit à petit le bestiau).
Alors oui, il y a un peu de remplissage, un peu de « blabla » comme on dirait, mais honnêtement ce n’est pas gênant pour la lecture de ce film et cela ne perturbe en rien les attaques de notre animal. On en apprend du coup un peu plus sur les personnages (d’ailleurs le casting est de très honnête facture : pas de sur-jeu, les réactions sont plutôt logiques face à certaines situations, la terreur se lit plutôt bien sur les visages), ce qui en soi n’est pas déplaisant et donne un semblant de scénario un peu plus travaillé (par contre on s’arrêtera au minimum syndical, si bien que pour l’empathie on repassera).
Alors oui, les personnages sont ultra-stéréotypés comme souvent dans ce genre de film : la tête à claques à cause de qui tout arrive, la jeune pleine de bravoure, l’ancien qui apporte son expérience dans le milieu des secours (ancien pompier), le jeune dont les hormones sont en pleine activité, la mère protectrice, le guide qui semblait être l’homme de la situation pour les sauver mais qui se retrouve malheureusement très vite blessé… Du vu et du revu mais ce n’est pas pour nous déplaire pour autant, cela se laisse regarder. Soyons parfois bon public vis-à-vis de ces petites choses et profitons du spectacle quand il se présente.
Enfin, et j’en finirai là avec les quelques imperfections, on pourra peut-être souligner le manque de surprises, des attaques souvent prévisibles (mais le réalisateur parvient à contrario à nous envoyer de fausses pistes aussi) et un final dans lequel on connaissait depuis longtemps le(les) survivant(s) (mais je n’en dirai pas plus bien évidemment).
Esthétiquement, "Hungry" bénéficie de jolis décors (le film a été tourné à Malte et l’équipe a complété de nombreux plans avec des apports numériques) et l’hippopotame est fort bien modélisé, tout en « numérique non baveux » si je puis dire.
Crédible et mastoc, voilà un prédateur que nous n’avons pas envie de rencontrer quand il s’est mis en tête de défendre son territoire. Qu’il s’agisse des scènes d’attaques sur terre ou sur mer, l’impact est bien réel : notre ami est redoutable dans l’eau car c’est son élément (imaginez d’ailleurs cette énorme bête sous l’eau, face à vous ou sous vos pieds…), et une fois sur terre il explose tout sur son passage pour attraper sa proie et charge à une vitesse dingue. Son côté amphibien en fait un parfait tueur et on espère vraiment le revoir dans un autre film avec peut-être cette fois-ci une scène que j’espérais peut-être un peu trop ici mais que je n’ai pas eue : un corps dans la gueule béante de l’hippopotame !
Donc oui, "Hungry" est une bonne surprise, n’en déplaise à beaucoup de gens. Le cahier des charges de ce sous-genre cinématographique (les films d’attaques animales) est respecté, avec parfois quelques défauts certes, et on passe un bon petit moment devant le long-métrage de James Nunn.
Arrêtez donc de bouder votre plaisir hein !