Amityville backrooms
Amityville backrooms
Après avoir visité une maison à Amityville, Keith se retrouve soudainement transporté dans un autre monde à l'intérieur de la maison, sans aucun moyen d'en sortir. Chaque porte qu'il essaie le ramène précisément à la partie de la maison où il s'est retrouvé au début...
L'AVIS :
Amityville Backrooms suit des personnages anonymes errant dans des couloirs sans fin, sous une étiquette Amityville totalement usurpée. Entre found footage amorphe et ennui surnaturel mais bien réel, le film transforme l’errance en punition pour le spectateur.
Il fallait bien que cela arrive. Après avoir vidé le mot Amityville de toute substance narrative, mythologique voire même géographique, la franchise-parasite a trouvé en 2024 une nouvelle manière d’atteindre le néant absolu : Amityville Backrooms, film qui ne se contente pas d’être mauvais, mais qui incarne un point de non-retour. Un film qui regarde l’abîme, constate qu’il est vide, et qui décide de sauter tout de même.
Rappelons brièvement l’absurdité du projet. Les Backrooms reposent sur une idée minimaliste, mais relativement efficace : un espace liminal et anonyme, source potentielle d’angoisse. Amityville Backrooms n’en retient évidemment rien. Ici, les backrooms sont réduites à une succession de couloirs jaunâtres filmés en mode Airbnb éclairé à la lampe torche. Le mot Amityville quant à lui, est comme d’habitude, collé tel un autocollant promotionnel sur une VHS moisie. Aucun lien avec la maison originelle, aucune tentative de développement de la mythologie, pas même l’effort minimal de création de lien démonologique.
Evan Jacobs filme comme s’il découvrait simultanément une caméra et le cinéma, tout en regrettant de l’avoir fait. Les plans sont aussi statiques qu’interminables, aussi mal cadrés qu’inesthétiques. Le montage est d’une paresse presque fascinante. Les scènes durent des plombes, sans tension, sans progression, sans rien. Le film ne fait pas monter l’angoisse. Il teste la patience. Durée réelle : 72 minutes. Durée ressentie : le double.
Il serait bien trop charitable de parler de scénario. Disons plutôt qu’on a affaire à une suite d’événements sans enjeu ni logique. Les personnages sont des PNJ sortis d’un jeu PS1 : ils errent, commentent ce qu’ils voient (c’est-à-dire rien). Ce qui rend Amityville Backrooms singulier, ce n’est pas seulement sa médiocrité, mais sa position de choix dans l’écosystème déjà catastrophiquement saturé des films Amityville.
Depuis des années, la franchise est un charnier de DTV opportunistes, mais même dans cette longue procession, le film de Jacobs parvient à se distinguer… Négativement. Il n’y a pas ici l’amateurisme fun d’un Amityville in Space. Il n’y a même pas quoi que ce soit de vaguement amusant. Juste un ennui total.
Amityville Backrooms est un film qui ressemble à son concept raté : un couloir sans fin, sans porte de sortie. On n’attend pas que quelque chose arrive en frémissant, mais seulement que le film se termine.
Produit par CINEMA SRS