
Compte-rendu du Festival de Gérardmer 2026
Par David Maurice et Mélanie Wicker
CHAPITRE 1 : GERARDMER LA FANTASTIQUE
Du Mardi 27 Janvier au Dimanche 1er Février 2026 s’est déroulée la 33ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer.
Comme chaque année, Horreur.Com couvrait l’évènement durant ces six jours de festivités, entre les avis à chaud sur les films partagés sur les réseaux sociaux (Facebook et depuis cette année Instagram également), des questions posées aux festivaliers dans les files d’attente et diffusées ensuite sur le Web, des échanges entre passionnés entre deux projections, des retours sur les cérémonies d’Ouverture, de Palmarès et de Clôture (trois cérémonies au lieu de deux cette année) ou encore des interviews de certains artisans/artistes qui exposaient cette année dans l’Espace Tilleul.
Cette année, pour cette 15ème année de couverture du festival vosgien par notre site, je n’ai pas été seul. En effet, j’ai été accompagné de Mélanie, l’une de nos deux rédactrices dans l’équipe, qui a permis une couverture encore plus conséquente sur Gérardmer en gérant notamment la communication via Instagram (stories et avis à chaud notamment) pendant que je gérais le réseau Facebook.
Et vous avez été bien plus nombreux(euses) encore cette année à venir lire nos critiques, nous demander nos avis sur des films ou des cérémonies mais également à nous remercier pour certaines critiques (certains festivaliers n’ayant pas hésité, selon leurs dires, à se rajouter des séances en dernières minutes après avoir été agréablement surpris par nos avis). La page Facebook de la Communauté du festival, qui fêtait sa deuxième année, a été un véritable endroit de partages entre festivaliers : entre des critiques de films, des photos de lever/coucher de soleil sur Gérardmer, des bons plans pour se restaurer, des échanges de séances… tout était fait pour vivre virtuellement le festival en parallèle de la page officielle !
Et cela nous a fait énormément plaisir à Mélanie et moi de se savoir autant suivis (acteurs et réalisateurs de certains films sont d’ailleurs venus nous parler sur les réseaux après avoir lu des critiques positives) et encouragés dans notre fonction de rédacteur(trice) que nous faisons, je le répète, de façon bénévole, par passion pour le cinéma de genre et plus particulièrement le cinéma fantastique.
Entre projections, cérémonies, expositions, animations et stands en tout genre, nous avons écumé la Perle des Vosges avec Mélanie pour vous offrir comme chaque année une couverture des plus complètes du festival de Gérardmer.
Alors que Mélanie se charge à présent de rédiger quelques critiques de films en version longue post-festival pour le compte d’Horreur.com toujours, je me suis attelé à mon niveau à ce fameux compte-rendu que vous êtes beaucoup à réclamer chaque année (encore une fois, un grand merci pour votre soutien et votre fidélité vis-à-vis d’Horreur.com et du festival de Gérardmer !) et qui est devenu au fil des années un incontournable dans nos publications et rendez-vous annuels. Une vraie fierté de vous proposer le compte-rendu du festival de Gérardmer le plus complet du Web depuis 15 ans !
Car outre le fait de critiquer les films projetés (23 longs-métrages cette année et 5 courts-métrages, sans oublier les trois rétrospections que Mélanie est allée voir et dont elle vous a partagé ses avis sur Instagram), nous revenons aussi sur les expositions, les stands et les diverses animations/cérémonies qui se tiennent durant cette dernière semaine de Janvier. Car, comme je le disais lors d’une interview de Vosges TV dans la file d’attente de la Cérémonie d’Ouverture : « C’est tout ça le festival et pas uniquement des films ! »
Quelques nouveautés en 2026 !
Avec une nouvelle Présidente (Anne Villemin) et une nouvelle Directrice (Aude Hesbert) depuis peu, le Festival International du Film Fantastique de Gérardmer continue de se renouveler depuis deux ans.
L’année dernière, le système de réservation des séances avait été plus fluide et cette année il fut encore plus performant : cela s’est ressenti dans les files d’attente quand j’interrogeais les festivaliers sur les réservations en ligne. Pas de mécontent à ma connaissance, le système est aujourd’hui au top et ravit les fantasticophiles sur Gérardmer !
En 2025, nous avions été agréablement surpris de revoir le vote du public en sortie de projection et non plus sur le site Internet du festival : cela a été reconduit cette année et c’est tant mieux ! On retrouvait donc à la fin de chaque projection d’un film en Compétition les fameuses urnes pour voter (1, 2, 3 ou 4 étoiles) à l’aide d’un petit jeton vert donné à l’entrée de la séance par nos ami(e)s bénévoles.
Cette année, d’autres nouveautés ont fait leurs apparitions et en voici quelques-unes :
- Le festival s’est déroulé sur 6 jours au lieu de 5 (soit du Mardi au Dimanche et non pas du Mercredi au Dimanche) !
- Le chapiteau faisait son grand retour pour abriter les écrivains/romanciers/dessinateurs, les stands de produits dérivés et maquillages, la boutique du festival, un bar et une scène pour accueillir les artistes : voilà tous nos amis du « Grimoire » et de « L’Espace Fantastique » bien plus en vue qu’avant sur la place du Tilleul !
- L’espace Tilleul étant de ce fait vidé de ses habituels occupants, ce dernier pouvait alors accueillir les artistes/artisans (sculptures, peintures, céramiques…) qui autrefois étaient dans la Villa Monplaisir, de l’autre côté de Gérardmer près de l’Espace Lac (et donc bien moins en vue des visiteurs) : là aussi c’est tout bénéf’ pour eux !
- La Cérémonie de Clôture était divisée en deux parties cette année : la Cérémonie de Palmarès le Samedi à 19h (avec le traditionnel film de Clôture) et la Cérémonie de Clôture à proprement parlée (accompagnée d’une pièce de théâtre) le Dimanche à 19h également, toutes deux à l’Espace Lac
- Le film d’Ouverture et le film de Clôture n’étaient disponibles que le Mardi soir (Espace Lac et Casino) pour le premier et après la Cérémonie de Palmarès (Espace Lac) pour le second, des séances qui étaient ouvertes sur invitation en priorité mais qui permettaient à plusieurs centaines de festivaliers de s’y rendre sans invitation dans la limite des places disponibles restantes
Beaucoup de changements donc en deux ans seulement. Et mon petit doigt me dit que ce n’est pas fini ! Le festival ayant sondé les festivaliers cette année pour avoir leur ressenti, il n’est pas impossible que des nouveautés soient à nouveau au programme de l’édition 2027.
En questionnant les festivaliers sur cette nouvelle édition, la majorité ont été conquis par les trois premiers jours pleins (Mercredi, Jeudi et Vendredi) du festival leur ayant permis de voir la plupart des films en Compétition et de laisser ainsi la voie libre aux festivaliers du week-end. Le chapiteau est également quelque chose qui a été fort bien accueilli par les gens et cela s’est ressenti également chez les exposants (Loïc Bugnon de la boutique « La Quatrième Dimension ») et les écrivains/romanciers/dessinateurs qui ont vu bien plus de gens (et donc de potentiels clients) durant le festival que lorsqu’ils étaient dans l’Espace Tilleul.
Et quand on interrogeait les festivaliers sur les changements qu’ils attendaient pour la 34ème édition l’année prochaine, le seul petit bémol qui revenait était la programmation de la journée du Dimanche qui s’était réduite cette année, les derniers films se terminant à 18h15 au lieu de 23h30 les années précédentes. Un remodelage de la journée du Dimanche est donc attendu pour 2027 manifestement et nul doute que les Organisateurs vont s’intéresser à cela pour la prochaine édition.
On sent que les organisateurs testent de nouvelles choses pour innover ces dernières années et c’est une très bonne chose car la majeure partie de ces changements font un bien fou au festival. Bravo à eux !


Une météo finalement moins capricieuse que prévu !
La veille du festival, Lundi 26 Janvier, les chaînes météo nous annonçaient toutes en chœur une véritable catastrophe sur Gérardmer : de la pluie/neige Mardi et Mercredi, des accalmies le Jeudi et de nouveau de la pluie/neige Vendredi, Samedi et Dimanche !!!
Hé bien finalement nous avons eu de la pluie effectivement le Mardi et le Mercredi matin, puis de la neige le Mercredi après-midi, mais plus rien n’est tombé du ciel du Jeudi au Dimanche ! Une vraie belle surprise !
Et quel plaisir de voir les cimes des sapins enneigées dès Mercredi soir ainsi que le lac en partie gelé. Joséphine De Meaux espérait de la neige sur Gérardmer ? Nous en avons eu !

Une très belle sélection
Cette année encore, la sélection était de qualité !
9 longs-métrages et 5 courts-métrages en Compétition Officielle, 10 films en Hors-Compétition, 4 films répartis en deux Nuits Blanches (la Nuit Décalée avec ses films déjantés et la Nuit des Masques avec ses slasher movies), 4 films rétro pour la rubrique « Rétromania », 8 films rétro sur la thématique « Bas les masques ! », 5 films pour le focus sur le réalisateur indonésien Joko Anwar et enfin 3 films pour le focus sur l’actrice ukrainienne Olga Kurylenko.
Hé oui, nous avons eu une sacrée sélection cette année ! Il y en avait pour tous les goûts assurément !
Et surtout nous avons eu la quantité ET LA QUALITE ! Car dans les longs-métrages de la Compétition et du Hors-Compétition, soit en tout 23 films, seuls 2 m’ont déçu… Cela en dit long sur la qualité de cette 33ème édition vous l’aurez compris.
Cette année, nous avons eu droit à deux hommages sur lesquels je reviendrai dans la deuième partie de ce compte-rendu qui revient chronologiquement sur les six jours de festival en termes de projections et de cérémonies.
Le premier hommage était Jeudi pour le cinéaste indonésien Joko Anwar, l’occasion de revoir cinq de ses films ("Modus Anomali : Le réveil de la proie", "Impetigore", "Red storm", "Grave torture" et "Satan’s slaves"). Puis nous avons eu droit Vendredi à l’hommage à Olga Kurylenko qui donna droit à la projection de trois de ses films ("Centurion", "Dans la brume" et "The room") ainsi que du long-métrage en Hors-Compétition "Alter Ego".
Rappelons également que le cinéaste britannique Neil Marshall ("Dog soldiers", "The descent", "Doomsday", "Hellboy 2019"…) était de la partie cette année pour une Masterclass le Vendredi, la projection de la version remasterisée de "The descent" (que je regrette amèrement de ne pas avoir pu revoir, le travail sur le film étant impressionnant d’après les festivaliers l’ayant vu) et la remise de l’hommage à Olga Kurylenko (ayant officié sur son "Centurion").

Les membres du Jury
En ce qui concerne les courts-métrages, l’équipe formée par le Festival venue juger les films se composait de :
- Benjamin Rocher (réalisateur du sympathique "La horde") qui présida le Jury
- Hakim Atoui (vainqueur l’année dernière du meilleur court-métrage)
- Jean-Baptiste Durand (cinéaste)
- Ava Matthey alias Moon (artiste drag queen et peintresse)
- Simone Ringer (musicienne)
Et du côté de la Compétition des longs-métrages, nous avions :
- Alice Taglioni (actrice et romancière) qui officiait en tant que Présidente du Jury
- Oulaya Amamra (actrice)
- Nathan Ambrosioni (réalisateur, scénariste et monteur)
- Nadège Beausson-Diagne (actrice, chanteuse et chroniqueuse)
- Cascadeur (chanteur, claviériste et auteur-compositeur)
- Alice David (actrice)
- Joséphine de Meaux (actrice)
- Maud Wyler (actrice)

A la rencontre des commerçants de la ville
Chaque année, je me restaure chez les commerçants de la ville et cette année je ferai mon traditionnel petit coup de pub pour la boulangerie « Les P’tites Douceurs » (les éclairs et les chaussons aux pommes sont tops, tout comme les ficelles salées au lard, au munster, au gruyère, au chorizo…), pour l’établissement Le Garden (chapeau à ce jeune restaurateur/barman qui est au four et au moulin !) et le kebab M&L (un commerçant vraiment sympathique !).


Et cette année, la nouvelle adresse en recommandation pour se restaurer sera signée Mélanie :
« Petit nouveau dans nos recommandations : le restaurant « Le Cosy ». Celui-ci s’impose comme une adresse particulièrement pratique et efficace pendant le festival. Idéalement situé à deux pas du Grand Hôtel, il permet de déjeuner rapidement sans sacrifier la qualité, un atout précieux entre deux projections au planning souvent serré. Le service est fluide, l’offre claire et bien exécutée, ce qui en fait un point de chute parfaitement adapté au rythme du festival, où l’on cherche à la fois la simplicité, l’efficacité et un certain confort. »

Flâner dans les rues pour aller d’une salle à l’autre, d’une exposition à une autre, est également l’occasion de regarder les vitrines de certains commerçants aux couleurs du festival !


Partenaire du Festival, le Grand Hôtel & Spa de Gérardmer est également mis à l’honneur cette année dans notre compte-rendu. Pas uniquement pour le bar où nous nous rendons régulièrement pour y discuter entre festivaliers et y voir parfois des cinéastes, acteurs(trices)… Mais aussi pour l’hébergement à proprement parlé, son spa et son restaurant car Mélanie a séjourné dans ce très bel endroit pendant le festival et vous donne ci-dessous ses impressions :
« Dans le cadre du Festival de Gérardmer, j’ai séjourné une semaine au Grand Hôtel, et l’expérience a été tout simplement parfaite. Ce choix s’est révélé idéal tant sur le plan du confort que de l’expérience globale. L’établissement offre un contrepoint parfait à l’effervescence du festival : cadre à la fois reposant, confortable et remarquablement bien situé.
Entre deux projections, j’ai pu apprécier les piscines, le sauna et les soins au spa, qui offrent une véritable parenthèse de détente bienvenue après l’intensité du programme. Les petits-déjeuners servis en chambre sont un vrai luxe, généreux et soignés, tout comme les dîners, de grande qualité, qui prolongent agréablement les journées. Ainsi, chaque journée est un équilibre maîtrisé entre stimulation et détente.
Le personnel se distingue par un professionnalisme discret et une bienveillance constante : une présence efficace, jamais intrusive, mais toujours disponible. Rien n’a fait défaut.
La chambre offrait une vue parfaite, ajoutant encore au plaisir et au sentiment d’évasion. En résumé, le Grand Hôtel est le complément idéal du Festival de Gérardmer : un lieu où confort, bien-être et qualité de service s’accordent harmonieusement pour une expérience sans la moindre fausse note. »




Des expositions et des exposants
Le masque était le symbole de cette édition 2026. A la MédiaLudothèque, de nombreux exemples, illustrations et dessins d’artistes dans l’exposition « Face à l’horreur : les masques dans le cinéma » étaient proposés. L’occasion de se remémorer certains films bien sympathiques au fil des décennies.


A la MCL (Maison de la Culture et des Loisirs) et comme chaque année, une exposition de bandes dessinées était présentée. Cette année « Zombillénium » et « Knight Club » d’Arthur de Pins étaient mis à l’honneur.


Délocalisée de la Villa Monplaisir à l’Espace Tilleul, l’exposition Arts Plastiques nous proposait cette année des sculptures, de la céramique ainsi que des peintures notamment.
L’occasion d’y rencontrer la talentueuse céramiste Sophie Jollain avec qui j’ai discuté de ces jolies petites têtes horrifiques toute en céramique qu’elle confectionne sans aucun modèle. Si vous souhaitez découvrir l’univers de cette artiste strasbourgeoise, n’hésitez pas à consulter son Facebook ou son Instagram en tapant tout simplement son prénom et son nom.

Nous avons pu également y rencontrer un artiste plasticien et sculpteur du nom de Loïc Wagner (alias « Le Garde Monstre ») qui travaille la pâte auto-durcissante pour créer des petits monstres tout en couleur et fort bien réalisés. On adore !


Enfin, pas mal de jolies peintures étaient exposées dans l’Espace Tilleul et nombreux étaient les visiteurs à examiner sous tous els angles ces dernières dont certaines fourmillaient de détails.

Enfin, installé cette année sous un chapiteau chauffé sur la place du Tilleul (face au Grand Hôtel & Spa), n’oublions pas de citer bien évidemment le fameux « Grimoire » où nous pouvions rencontrer de nombreux écrivains et dessinateurs : Azz l’Epouvantail, Emma Becker, Pablo Behague, Jérôme Bonnet, Coralie Chastain, Anthony Colin, Julien Cordier, Fabien Delage, Xavier Desbarats (en photo ci-dessous), Arthur de Pins, Astrid Devair, David Diez, Anne Dory, Patrick Eris, Nicolas d’Estienne d’Orves, Marc Falvo, Gaëlle Fratelli, Céline Gourjault, Eric Libiot, Franck Luginbuhl, Mehdi Omaïs, Arnaud Perrin, Clotilde Perrin, Alain Saintot, Julien Schneider, Jean Michel Volz et Bernard Werber.

Toujours sous ce même grand chapiteau, nous retrouvions cette année aussi les différents stands qui forment « L’Espace Fantastique » : la boutique officielle du Festival, le studio radio de Vosges FM, le bar fantastique, un espace maquillage, la boutique « La Quatrième Dimension » de l’ami Loïc Bugnon (en photo ci-dessous) et plusieurs autres stands (dvd/BR, affiches/posters de films, tee-shirts, produits dérivés…).


Des animations
Enfin, de nombreuses autres animations gratuites furent proposées dans le cadre du festival : maquillages, animations jeunesse, murder party, méditation guidée vers des mondes fantastiques, quizz et atelier musical, concours de décorations de vitrines, maison de l’horreur, jeu de piste, manège de réalité virtuelle…
Le Spectacle de Clôture
Alors que la Cérémonie du Palmarès avait lieu le Samedi 31 Janvier à l’Espace Lac à 19h00, le festival fermait définitivement ses portes au même endroit le lendemain lors du Spectacle de clôture à 19h00 toujours.
A cette occasion, la Présidente du festival Anne Villemin ainsi que le Maire de Gérardmer Stessy Speissmann Mozas ont fait un discours de clôture avant de laisser la parole à Michel Fournier (Ministre délégué auprès de la Ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargé de la ruralité), venu nous rendre visite sur la Perle des Vosges.

A 19h30, nous avons eu droit à une sympathique petite pièce de théâtre intitulé « Le Faiseur de Monstres », mise en scène et interprétée par la compagnie des Corps en Voix. Des comédiens qui ont su nous amuser, nous qui avions un peu le cafard à l’idée que le festival allait à présent se terminer définitivement pour cette année. Une belle performance scénique quand on sait qu’ils n’ont pas eu beaucoup de temps pour monter ce spectacle. Bravo à Jérôme Thibault, Benjamin Beausire, Olivier Petiteau, Vincent Palmas et JM Thibault !



CHAPITRE 2 : 6 JOURS DE PROJECTIONS
Je vous propose à présent de vivre avec nous 6 jours de salles obscures dans cette seconde partie du dossier, l’occasion de revenir sur 23 films et 5 courts-métrages vus durant cette 33ème édition. Et ce que nous pouvons vous dire à Horreur.Com, c’est que cette année a été un excellent crû.
MARDI 27 JANVIER 2026
Avancée d'un jour car le festival s'allonge sur 6 jours au lieu de 5 habituellement, la Cérémonie d'Ouverture a débuté à la grande salle de l'Espace Lac avec les traditionnels discours de nos chers politiciens annoncés par notre fidèle présentateur David Rault alias Fido.
Tout d'abord monte sur scène la Référente à l'Animation et Culture de Gérardmer, puis la Conseillère Générale du Grand Est en charge de l'égalité Homme/Femme (l'occasion de rappeler que cette année les Femmes n'ont jamais été aussi présentes à Gérardmer car, hormis le fait que le festival soit dirigé par deux femmes aux commandes, nous avons pour cette 33ème édition 6 femmes sur 8 dans le Jury Longs-Métrages et un hommage rendu un peu plus tard dans la semaine à la talentueuse Ukrainienne Olga Kurylenko).
Suit alors l'habitué et jovial Président du Conseil départemental des Vosges, et comme le veut la coutume, on termine par les discours de la Présidente de l'Association Fantastic'Arts Anne Villemin et la Directrice du festival de Gérardmer Aude Hesbert, toujours aussi souriante!
Puis notre cher Fido nous annonce l'arrivée sur scène du Jury Longs-Métrages. Les comédiennes Joséphine De Meaux, Oulaya Amamra, Maud Wyler et Alice David, la comédienne autrice et réalisatrice Nadège Beausson-Diagne, l'auteur-compositeur et interprète Cascadeur, le réalisateur et scénariste Nathan Ambrosioni, et enfin la comédienne Alice Taglioni. Cette dernière, qui nous annonce lors de son rapide discours adorer le Cinéma Fantastique (elle a bon goût c'est certain), endosse cette année le rôle de Présidente du Jury Longs-Métrages.

Une fois passée la séance photos avec l'ensemble du Jury sur scène et les nombreux applaudissements qui accompagnent l'évènement, il est temps pour Fido de présenter son premier film à l'Espace Lac cette année : le nouveau Sam Raimi, "Send Help", catégorisé Hors-Compétition et présenté pour la première fois à un public français (si on met de côté la projection Presse parisienne ayant eu lieu la semaine précédente). On a hâte!
Film 01 : SEND HELP (Hors-Compétition, Film d’Ouverture)
Seuls rescapés d’un accident d’avion, Linda Liddle et Bradley Preston se retrouvent à présent coincés sur une île déserte. Pour ces deux collègues que tout oppose, l’heure est venue de surmonter les griefs du passé et de travailler ensemble pour tenter de s’en sortir. Sauf qu’en fin de compte la bataille pour la survie devient une épreuve de force, inquiétante et cruellement drôle, où chacun veut jouer au plus fin…

Cette 33ème édition du festival de Gérardmer frappe fort avec en film d'ouverture le nouveau Sam Raimi intitulé "Send Help". Et à l'image du sympathique "Companion" qui ouvrait le bal l'année précédente, nous avons de nouveau droit à une comédie fantastique qui semble avoir ravi une grande majorité des festivaliers présents dans la salle de l'Espace Lac.
Le réalisateur des trilogies "Evil dead" et "Spider-Man", en passant par "Darkman" ou "Jusqu'en enfer", nous livre ici une comédie sous fond de survival nous plongeant sur une île déserte en compagnie d'un PDG arrogant fraîchement promu et de l'une de ses collaboratrices peu aimée par ce dernier, tous deux rescapés d'un crash d'avion.
Drôle, parsemé de petits passages énergiques (la scène du crash d'avion ou encore la scène du sanglier notamment sont très punchy et raviront l'assemblée), fort bien scénarisé et porté par un duo d'acteurs très bons, "Send Help" a tout juste.
Malgré cet aspect lent/monotone par moments (mais qui confère cette impression de solitude et de détresse, poussant deux purs citadins aux règles de survie en pleine nature : je vous laisse imaginer ce que cela peut donner, loin d'un certain confort urbain...), le film n'ennuie pourtant jamais. Ceci grâce principalement à ses quelques péripéties bienvenues et teintées d'humour, ses dialogues piquants entre deux personnages que tout oppose (si ce n'est le fait de travailler pour la même société) avec ses échanges verbaux qui font mouche à chaque coup, sans oublier ses quelques confrontations physiques bien musclées et saignantes qui laisseront jaillir dans la salle des cris et des applaudissements comme on aime en entendre à Gérardmer!
Quand le rapport de force s'inverse entre deux personnes diamétralement opposées et qui vont alors apprendre à vivre ensemble tant bien que mal en pleine nature, cela donne une comédie fantastique très plaisante et divertissante qui remplit amplement le cahier des charges de ce qui est attendu pour un film d'Ouverture!
Bravo Sam Raimi, bravo les organisateurs : c'est de très bon augure pour la suite !
MERCREDI 28 JANVIER 2026
Film 02 : WELCOME HOME BABY (Compétition)
Judith travaille comme médecin urgentiste à Berlin. Lorsqu’elle hérite d’une maison en Autriche qui appartenait à la famille qui l’a abandonnée étant enfant, sa quête pour résoudre le mystère de ses origines se transforme en un voyage cauchemardesque dans le passé.

Après un passage par la Berlinale, le BIFFF et L'Etrange Festival, "Welcome home baby" nous arrive à Gérardmer dans le cadre de la Compétition Officielle.
Vendu par le réalisateur (venu présenter son film) comme un film "pour lequel il ne faut pas trop réfléchir", il en ressort un long-métrage effectivement assez complexe au vu du nombre de thématiques abordées (le folk horror, le film de maison hantée, la sorcellerie, le retour aux sources, la place de la femme dans la société...) et du nombre d'indices parsemés par-ci par-là mais qui fait surtout inévitablement penser au culte "Rosemary's baby" de Polanski avec cette communauté étrange et angoissante entourant la grossesse de l'héroïne.
Ce film germano-autrichien propose une vraie ambiance angoissante et une photographie fort léchée (les couleurs tantôt chaudes pour exprimer le deuil et l'horreur, tantôt glaciales et sombres pour nous plonger dans un passé obscure, frissonnant et mystérieux) pour nous plonger dans cette descente aux Enfers d'un couple où nous perdons, au même titre que nos protagonistes, nos repères spatio-temporels (les changements de lieux soudains et les ellipses sont suffisamment nombreuses, conséquence du cerveau défaillant de notre héroïne).
Lent dans sa narration, le film n'en demeure pas déplaisant ou monotone pour autant bien au contraire : on est vite happés par cette atmosphère mystérieuse et angoissante permises par cette communauté des plus intrigantes et inquiétantes (la performance des actrices est bluffante par moments), la dégradation de la santé mentale de notre héroïne, les visites de certains endroits guère accueillants, sans oublier les quelques jumpscares distillés qui s'avèrent réussis.
Certains resteront sur leur fin (voire dans l'incompréhension) avec la scène finale du film mais, en y réfléchissant bien, on réussit à recomposer ce puzzle scénaristique assez rapidement, quelques minutes après le visionnage de ce film convaincant et parfaitement à sa place dans la Compétition Officielle.
À trop jouer sur plusieurs tableaux, notre réalisateur aurait pu se brûler les ailes mais non, hormis peut-être quelques interrogations qui pourraient persister, il a réussi ce pari risqué sur le papier !
Retrouvez la chronique de Mélanie sur le site :
https://horreur.com/fr/welcome-home-baby-welcome-home-baby-2025-film
Film 03 : PLANETES (Hors-Compétition)
Dendelion, Baraban, Léonto et Taraxa, quatre graines de pissenlit rescapées d’explosions nucléaires qui détruisent la Terre, se trouvent projetées dans le cosmos. Après s’être échouées sur une planète inconnue, elles partent à la quête d’un sol propice à la survie de leur espèce. Mais les éléments, la faune, la flore, le climat, sont autant d’embûches qu’elles devront surmonter.

Deuxième film Hors-Compétition, "Planètes" est indiscutablement le métrage qui faisait le plus parler de lui à la lecture des résumés fournis par le festival.
Pour vous faire une idée, voici en effet de quoi parle cet ovni filmique : quatre akènes de pissenlit rescapés d'explosions qui détruisent la Terre se retrouvent projetés dans le Cosmos. Une fois arrivés sur une nouvelle planète, les quatre akènes vont alors chercher une terre fertile où pérenniser leur espèce.
70 minutes durant lesquelles nous suivons donc nos quatre petits végétaux qui vont parcourir une planète et se lancer dans une épopée semée d'embûches où les éléments, la faune, la flore et le climat plus ou moins favorable vont leur donner du fil à retordre. Mêlant effets digitaux et imagerie réelle, nous voilà plongés dans cette aventure à l'échelle de nos petits akènes prêts à en découdre avec l'environnement qui les entoure. Humanisés pour nous faire prendre part à leur communication et à leurs émotions, nos akènes sautent, volent, glissent sur la glace, se servent de limaces où de poissons pour se déplacer... Quelques petites touches d'humour se mêlent à cette épopée très graphique (la proposition qui nous est faite est propre en termes de photographie et de décors tout en couleurs) histoire de nous faire sourire deux-trois fois mais ici c'est bien la poésie qui prime ainsi que le côté enchanteur de cette quête d'un Monde meilleur.
Ce "Planètes" présenté en clôture de la Semaine de la Critique à Cannes en 2025 ne m'a pas convaincu. Non pas que ce soit mauvais mais je ne suis tout simplement pas réceptif à ce genre de proposition. Je passe mon tour.
Film 04 : NERVURES (Compétition)
Alors qu’elle rentre chez ses parents pour le week-end, Isabelle est stupéfaite d’apprendre que son père est mort depuis trois jours et déjà enterré. Plus étrange encore, sa mère ne comprend pas son émoi et Isabelle reste désemparée face à l’inquiétante fascination de celle-ci pour les nouveaux voisins…

Deuxième film de la Compétition, "Nervures" est un long-métrage canadien, le troisième de son réalisateur Raymond St-Jean qui nous fit une petite introduction originale où il n'apparaît à aucun moment, ce dernier filmant la nature avec sa voix en fond. Un peu timide notre Canadien? Lol
Œuvre dramatique sous fond de film de savant fou mettant en avant les bienfaits de Dame Nature (le rôle médicamenteux de certaines plantes), "Nervures" reste cependant très simple dans sa narration et se contente de suivre un fil conducteur clair et hautement prévisible sur son final. Ne cherchez pas en effet ici de grandes péripéties scénaristiques, l'histoire ne cherchera pas à vous surprendre une fois la première demi-heure consommée et se suivra sans grand artifice et effet de surprise, tout étant relativement convenu depuis le début du film.
Mais cela fait-il pour autant un mauvais film? Non, pas du tout. Le film de Raymond St-Jean est même plutôt plaisant à suivre et délivre une histoire propre, cohérente, dotée de quelques touches d'humour qui fonctionnent bien ici et qui bénéficie surtout d'effets spéciaux et maquillages réussis (les scènes de mutations/transformations et de symbioses sont fort bien réalisées).
Et encore une fois, nous pourrons souligner la qualité du casting : les acteurs et actrices sont bien ancrés dans leurs personnages respectifs (un docteur mystérieux et surtout stoïque et implacable face à certaines situations horribles ce qui le rend limite inhumain, une mère de famille qui perd la tête et sème le trouble et le doute chez sa fille en quête de vérité...) et jusque là nous n'avons pas eu de fausses notes depuis le film d'Ouverture sur le sujet!
Alors oui le film est assez simple, linéaire et prévisible une fois l'intrigue comprise dans la première demi-heure mais "Nervures" est un vrai bon petit moment de cinéma fantastique qui se suit sans réel déplaisir, tragi-comique et même poétique sur sa fin. Je dis OUI.
Film 05 : DON’T LEAVE THE KIDS ALONE (Compétition)
Veuve depuis peu, Catalina est contrainte de laisser ses enfants seuls à la maison quelques heures pour assister à une soirée où elle espère décrocher un emploi. Livrés à eux-mêmes, Mati et Emi s’amusent comme jamais… sans se douter qu’une force invisible est à l’œuvre pour les séparer.

Nouveau film du réalisateur mexicain Emilio Portes, déjà venu nous présenter en terres vosgiennes son délirant "Pastorela" il y a une quinzaine d'années, "Don't leave the kids alone" est le troisième film en Compétition cette année.
Abandonnée en dernière minute par sa baby-sitter, une mère de famille veuve se voit contrainte de laisser ses deux enfants de 7 et 10 ans seuls à la maison un soir alors qu'elle doit aller faire signer des papiers urgents relatifs à l'achat de leur nouvelle maison dans laquelle ils viennent tout dernièrement d'emménager.
Voici en quelques lignes le résumé du nouveau film d'Emilio Portes et bien évidemment vous vous doutez bien que la soirée ne va pas se passer comme prévu, aussi bien pour la mère que pour les enfants surtout.
Nous voilà face à un film de maison hantée plus classique que les autres longs-métrages vus jusqu'à présent.
Mais ça fonctionne plutôt bien : l'histoire est certes très simple à comprendre mais coche les principaux critères du cahier des charges d'un film de maison hantée (les sempiternels bruits dans la maison, les inscriptions sur les murs, le lourd passé de la demeure, la pluie incessante dehors, le sentiment d'insécurité permis par cet isolement et cette grande bâtisse froide à rafraîchir guère accueillante...) en se permettant même une bonne grosse pincée d'humour (à la manière d'un "Home Alone" les deux enfants sont de vrais terreurs, capricieux, énergiques et surtout très malins quand il s'agit d'avoir ce qu'ils veulent), que ce soit dans les dialogues ou dans certaines situations. Un aspect humoristique au métrage ("Pastorela" nous avait déjà livré une sacrée bonne tranche de rigolade à l'époque) qui vient contrecarrer le contexte dans lequel l'histoire se déroule pour donner un mélange horreur/humour savamment dosé... mais principalement dans sa deuxième partie car l'aspect horrifique a bien du mal à se frayer un chemin, à l'exception de quelques inserts (la venue d'un livreur de pizza, le chien menaçant attaché dans le jardin) dans la première moitié du film qui lorgne bien plus du coté de la comédie parentale que du film d'épouvante. La tension n'étant pas très palpable pendant une bonne grosse heure.
En effet, et il s'agira là du principal défaut de notre film, le fantastique met beaucoup de temps à montrer le bout de son nez. Voir et entendre d'une part deux enfants chahuter entre eux dans une grande maison sans arrêt et d'autre part une mère en soirée incapable de dialoguer avec un notaire très prisé à qui elle doit faire signer le contrat d'achat de la maison (le film alterne constamment entre ces deux soirées), cela devient vite monotone et nous attendons avec impatience que les choses sérieuses commencent et que l'aspect épouvante du métrage viennent pimenter ce récit.
Et même si nous serons récompensés de cette attente interminable par une deuxième partie convaincante mêlant paranormal, humour et tension avec sauvagerie, imagerie démoniaque et cruauté au programme (je n'en dirai pas plus), nous retiendrons tout de même ce vrai défaut scénaristique qui freine la narration et empêche la tension de s'installer plus rapidement.
En demeure toutefois un petit film bien sympathique à l'intrigue facilement compréhensible, à la photographie très propre (les extérieurs sont réellement menaçants et nous n'avons aucunement envie d'ouvrir la baie vitrée, mais ce sentiment d'insécurité va rapidement se ressentir à l'intérieur de la vaste maison), au casting de bonne facture (petits comme grands) et à l'histoire ancrée dans une réalité sociale de plus en plus représentée dans notre société (la mono parentalité) avec des thématiques qui parlent à toutes et tous (les cauchemars quand nous étions gosses, les liens parents-enfants que nous tissons les premières années...).
Bref, un film certes inégal mais qui se suit agréablement, en attendant que l'épouvante frappe à la porte de ce petit foyer plein de vie !
Film 06 : I LIVE HERE NOW (Hors-Compétition)
Une femme doit faire face à une grossesse imprévue et se retrouve piégée dans un hôtel isolé où les violents échos de son passé reprennent vie, brouillant les frontières entre ses cauchemars les plus sombres et le monde réel.

Après avoir réalisé de nombreux courts, la fille d'Al Pacino se lance dans le long-métrage, à la manière l'année dernière de la fille Spielberg qui nous avait présenté en clôture son "Please don't feed the children" (alias "The last refuge" pour les distributeurs frileux).
Et le moins que l'on puisse dire c'est que Julie Pacino fait une première incursion remarquée! Présenté à L'Etrange Festival et à Deauville notamment, "I live here now" avait déjà fait couler un peu d'encre et ce n'est pas sa génitrice qui dira le contraire dans une vidéo qui introduisait la projection de son film catégorisé Hors-Compétition. Nous voilà en effet face au second ovni de la Sélection mais pas pour les mêmes raisons que "Planètes" : ici nous sommes sur un film à la limite de l'expérimental. Très sensoriel, coloré, onirique, le film alterne constamment entre réalité et cauchemars/visions (des troubles liés à la consommation de cannabis ou à un passé médical rude, difficile à savoir exactement) au point d'en devenir hautement métaphorique dans sa lecture.
Alors que le film commençait de manière assez classique dirons-nous (une jeune fille obnubilée par l'envie de devenir une grande actrice enchaîne les castings jusqu'au jour où elle apprend être enceinte, elle qui normalement était stérile après une lourde opération à 5 ans), "I live here now" bascule soudainement dans une autre dimension dès lors que notre héroïne franchit la porte d'une petite auberge où elle compte séjourner le temps que l'avortement médicamenteux se fasse.
À cet instant précis, nous rentrons dans la psyché d'un esprit tourmenté (une opération étant gosse qui a laissé des traces indélébiles, un rêve de "princesse" interrompu par une petite graine ayant contre toute attente germé en elle, une belle-mère qui est une vraie menace pour sa sécurité...), l'auberge étant une métaphore du cerveau de notre jeune femme. Les couloirs et pièces de la bâtisse qui sont un vrai foutoir sont le reflet du désordre qu'il peut y avoir dans ce cerveau tourmenté par les épreuves passées.
Dès lors, les hallucinations et le surréalisme prennent place devant nos yeux, jouant avec nos neurones alors en pleine ébullition. Une Alice qui a trouvé non pas le Pays des Merveilles mais le Pays des Cauchemars ai-je envie de vous dire. Avec ses sonorités spécifiques, ses décors très "Art Déco" (on se croirait par moments dans le fameux quartier de Miami ou plus récemment sur Gérardmer dans "La pieta"), on virevolte de Lynch à Argento dans cet univers surréaliste qui suit une trame horrifico-fantastique bien présentes, notre héroïnes affrontant ses démons de la vie réelle dans un autre espace, un autre Monde, enfoui au fond de son cerveau martyrisé.
Symbolique, métaphorique, onirique, surréaliste... Autant de qualificatifs qui vont effrayer bon nombre de spectateurs et faire bouillir bien des neurones! Et bien que le film soit peut-être un peu trop chargé en imageries/métaphores au point de ne pas comprendre la totalité du métrage, la proposition est réellement intéressante mais ne fera certainement pas l'unanimité et encore moins la joie des spectateurs comme cela fut déjà le cas à Deauville... Une chose est sûre, on en reste sans voix et le cerveau en ébullition. C'est ça aussi le cinéma fantastique et quel plaisir parfois on prend à décortiquer un film à sa sortie comme l'expliquait si bien Julie Pacino en Introduction de "I live here now".
JEUDI 29 JANVIER 2026
Film 07 : MOTHER’S BABY (Compétition)
Julia, une chef d’orchestre accomplie âgée de 40 ans, et son compagnon Georg rêvent depuis longtemps de devenir parents. Julia tombe enceinte après un traitement de fertilité réussi à la clinique du Dr. Vilfort. Cependant, des complications surviennent pendant l’accouchement et le bébé lui est retiré sans qu’elle en soit informée. Lorsqu’elle rencontre enfin son enfant, elle ressent un sentiment inattendu de détachement et commence à se demander si ce bébé est vraiment le sien.

Quatrième film en Compétition, "Mother's baby" est un film à triple nationalité (Autriche, Allemand et Suisse) qui surprend pour son originalité et la thématique abordée qui parle à tout le monde, qui a déjà traversé l'esprit de nombreux parents (dont votre cher rédacteur), mais qui n'est pas souvent illustrée au cinéma.
Car le film parle d'une cheffe d'orchestre reconnue dans son métier qui accouche de son premier enfant avec pas mal de complications et voit de ce fait son nourrisson "confisqué" quelques temps par le Corps Médical pour des contrôles avant de lui être définitivement remis. À partir de cet instant, elle va avoir de gros doutes sur l'identité de son enfant : est-ce bien son enfant ou y'a-t-il eu un échange de bébés pendant cette période de contrôle à l'abri des regards?...
Qui ne s'est jamais posé cette question presque légitime quand un bébé naît sous césarienne par exemple? Une inversion de bébés involontaire dans les couveuses ou autres choses... La confiance règne envers le Corps Médical mais le doute reste toujours permis et c'est humain.
Le film va alors nous faire vivre les inquiétudes, les suspicions et les entêtements de notre mère de famille qui se persuade que cet enfant n'est pas le sien.
Entre les querelles avec son compagnon, les discussions avec son entourage au sujet de cette clinique privée par laquelle elle est passée et sur laquelle elle cherche multitudes d'informations ou encore l'incompréhension au sujet du mutisme de son enfant (quel plaisir pourtant un enfant qui ne pleure pas!), notre héroïne s'enferme dans une bulle en quête d'une vérité qu'elle pense être autre que celle qu'elle vit...
Un long-métrage bien fichu mais surtout qui nous parle, nous questionne... Et ce fut un vrai plaisir de vivre ce petit moment de cinéma original et parsemé de petites pointes d'humour savamment dosées.
Film 08 : THE WEED EATERS (Compétition)
Lors d’une escapade loin du monde pour le réveillon du Nouvel An, quatre fumeurs de beuh invétérés se retrouvent chez un fermier solitaire et font une découverte stupéfiante : une variété d’herbe provoquant une irrésistible envie de chair humaine…

Cinquième film de la Compétition, "The weed eaters" nous narre les mésaventures d'une bande de jeunes qui trouvent dans un vieux cabanon en pleine campagne un bocal de beuh qu'ils décident de consommer, sans savoir que cette herbe provoque des envies irrésistibles de chair humaine...
Vous l'aurez peut-être compris à la lecture du résumé, nous voici face à une comédie horrifique sur la thématique du cannibalisme. D'ailleurs il n'y aura plus aucun doute sur l'orientation du film une fois l'introduction passée : ce métrage ne se prend pas au sérieux et va balancer un peu de chair fraîche devant la caméra pour la plus grande joie des spectateurs.
Avec sa bande de jeunes écervelés qui partent faire la fête dans un coin paumé, nous sommes typiquement dans une ambiance très Eighties qui n'est pas sans rappeler certains slasher movies de cette époque. On a nos repères rapidement et on voit rapidement que nous n'allons pas être face à un film intello mais plutôt le genre de film où on laisse son cerveau à l'entrée.
Et même si nous notons des petites lenteurs par moments dans notre histoire, ces dernières sont vite comblées par des dialogues ou des situations quelques peu crétines mais ô combien jouissives et bienvenues dans ce type de manifestation qu'est un festival.
Car oui, "The weed eaters" est un pur produit de festival qui cherche avant tout à amuser la galerie, à provoquer des rires dans la salle devant tant de débilité qui aurait pu faire de ce film Néo-Zélandais un très bon candidat à la Nuit Décalée du samedi au dimanche. Et bien évidemment ces situations burlesques s'accompagnent de quelques séquences de cannibalisme comme promis (qui provoqueront soit un léger dégout soit un bon gros fou-rire selon le public) mais également quelques petites scènes saignantes et drôles à la fois.
Au final, "The weed eaters" est une sympathique comédie horrifique qui aura fait son petit effet dans l'Espace Lac, même s'il est vrai que nous aurions aimé qu'il aille encore plus loin dans le cannibalisme et le gore à proprement parler (le budget aura eu raison de cela manifestement). Mais bon on s'est bien amusé devant tant de bêtises volontaires et c'est bien là le principal me direz-vous. Et vous avez parfaitement raison!
Film 09 : VIEJA LOCA (Hors-Compétition)
Lors d’une soirée orageuse, Pedro reçoit un appel désespéré de Laura, son ex-petite amie. Il accepte de passer la nuit à veiller sur Alicia, sa mère sénile, dont l’infirmière a mystérieusement disparu. Mais dès qu’il franchit le seuil de la maison, Pedro sent que quelque chose cloche : Alicia ne semble pas le reconnaître et croit avoir affaire à un ancien amant avec qui elle partageait de terribles secrets…

Quatrième film en Hors-Compétition, "Vieja Loca" est un film argentin qui nous plonge dans un huis-clos en compagnie d'une dame d'un certain âge atteinte d'Alzheimer qui donne bien du fil à retordre à ses proches, notamment à son ex-gendre venu vérifier à son domicile qu'elle allait bien...
Le film de Martin Mauregui (qui a remporté avec ce film le Prix du Meilleur Réalisateur au Fantastic Fest d'Austin, le plus important festival de cinéma fantastique des USA) nous rappelle que depuis pas mal d'années maintenant il faut compter sur le cinéma d'Amérique Latine car il y a un vrai savoir-faire là-bas et un vrai amour du cinéma fantastique, en témoignent les films en provenance par exemple du Chili, d'Argentine et du proche Mexique que l'on découvre très souvent sur la Perle des Vosges.
Mais une autre chose fonctionne bien dans le cinéma fantastique depuis quelques années : la présence de personnes âgées dans le casting et plus particulièrement dans les rôles de méchants. En effet, les démarches lentes (voire saccadées), les corps ridés et les regards parfois vides de nos chers doyens fonctionnent à merveille pour faire ressentir des peurs et des frissons chez le spectateur. Regardez dernièrement des films comme "La abuela", "Old people" ou encore le très sympathique "The elderly" (passé par Gérardmer il y a quelques années comme le film de Jaume Balaguero cité juste avant) : ces longs-métrages qui émergent quasi 45 ans après le célèbre "La sentinelle des Maudits" (1977) ont su créer une tension palpable rien qu'avec des personnes d'un certain âge devant la caméra pour nous indiquer une menace.
Or, ici dans "Vieja Loca", notre grand-mère est d'autant plus flippante qu'elle est imprévisible en raison d'une Alzheimer prononcée qui lui chamboule son esprit et lui fait faire bien des choses tordues ou sadiques (c'est au choix ici et on n'en dira pas plus).
"Vieja Loca" amuse autant qu'il fait frissonner et ce mix Humour/Horreur fonctionne fort bien ici et nous propose une redoutable confrontation, longue et rude, entre une vieille dame tourmentée (certaines scènes peuvent paraître redondante pour mieux imager l'Alzheimer dont notre dame est atteinte) et son ex-gendre qui saura vous tenir en haleine tout au long du film.
Alors oui le film est assez bavard mais ne tombe jamais dans l'ennui car les dialogues sont loin d'être anecdotiques et servent le récit d'une bien belle manière, entre une femme totalement perdue dans sa tête et un homme qui veut la ramener tant bien que mal à la raison. Et il n'a pas fini d'en baver, seul à bord dans cette mission qui lui a été confiée de s'occuper d'elle. Mais qui a le plus besoin d'aide dans cette histoire finalement ?...
Voilà un bien sympathique film en Hors-Compétition que nous attendions impatiemment à la lecture du résumé et qui a tenu ses promesses! Tantôt drôle, tantôt angoissant, et bourré de petites péripéties qui entretiennent un rythme haletant, le film de Martin Mauregui ne tombera pas dans l'oubli après son passage dans les Vosges c'est certain.
HOMMAGE A JOKO ANWAR
Il est l’heure à présent de vivre l’un des grands moments de ce festival : l’hommage au cinéaste indonésien Joko Anwar.
Ce talentueux réalisateur avait déjà présenté deux de ses films sur la Perle des Vosges : le très sympathique "Modus Anomali : le réveil de la proie" et le très bon "Impetigore". Aujourd’hui, le festival proposait de voir d’autres films de notre cher cinéaste, en plus des deux cités ci-avant : "Red storm", "Grave torture" et "Satan’s slaves". Et surtout François Cau, rédacteur chez MadMovies, est venu ce jour dans la grande salle de l’Espace Lac pour nous faire un discours sur Joko Anwar avant de lui remettre son trophée pour cette belle carrière (loin d’être terminée).
A noter que le réalisateur indonésien est venu recevoir son trophée avec son actrice la plus fidèle (elle a joué dans cinq de ses films), Asmara Abigail, qui en a profité pour nous passer un petit message de remerciements dans un très bon français. Chapeau !

Film 10 : THE THING WITH FEATHERS (Compétition)
Un père, dont la réalité s’effondre à la mort de sa femme, se voit traqué par une présence étrange, sortie toute droite de ses dessins. Cette mystérieuse créature s’invite dans sa vie et y sème le chaos. C’est peut-être exactement ce dont il avait besoin.

"La chose avec des plumes" ? Quel titre étrange pour ce film passé notamment par le NIFFF en Suisse, le BIFFF en Belgique ou encore la Berlinale en 2025.
L'histoire d'un homme, illustrateur de métier, qui perd sa femme et se retrouve seul à éduquer leurs deux enfants sans s'attendre à ce que l'un de ses dessins, un imposant monstre issu de ses croquis, vienne le tourmenter.
Vous l'aurez aisément compris à la lecture du résumé (et le film tiendra ses promesses) : nous sommes ici dans un drame familial teinté de psychologie et de fantastique.
Poétique et métaphorique à souhait (mais je vous rassure : l'imagerie n'est pas aussi usée que dans "I live here now"), la thématique sur laquelle est centré le film de Dylan Southern est bien évidemment le deuil et ce dernier est vu au travers d'un prisme fantastico-horrifique, se permettant même malgré le contexte quelques touches d'humour qui marchent à merveille dans ce long-métrage lorgnant entre l'angoissant et le larmoyant (les moins téméraires d'entre nous et/ou les personnes ayant vécu un deuil familial seront bien plus réceptifs à ce film et se verront peut-être même comme moi "avoir la larmichette" lors de la projection).
Alternant entre séquences lentes et parfois émotionnelles (quand il s'agit de nous montrer la vie d'un père fraîchement veuf dépassé par cette nouvelle vie faite de responsabilités vis-à-vis de ses enfants) et passages plus rythmés (quand sa conscience métaphorée surgit pour bousculer notre père de famille, voire carrément le provoquer de manière brutale... et amusante il faut le reconnaître), "The thing with feathers" se suit agréablement et vient nous mettre une petite gifle imprévisible.
Film 11 : SILENCE (Hors-Compétition)
Un groupe de sœurs vampires survit à la pénurie de sang humain provoquée par la peste noire, mais le véritable poison est le silence qui les entoure… Des siècles plus tard, l’une de leurs descendantes affronte le même conflit durant la pandémie de sida en Espagne et découvre que l’exclusion sociale, elle, n’a pas changé.

Voici l'heure venue de découvrir le nouveau film d'Eduardo Casanova qui nous avait faire rire à l'Espace Lac avec son "La pieta" il y a peu à Gérardmer. Son titre ? "Silencio". Un film de vampires sous fond de comédie et ça c'est de bon augure car nous nous rappelons encore des très bons "What we do in the shadows" et "Vampire humaniste cherche suicidaire consentant" passés par les Vosges ces dernières années.
Et notre cinéaste espagnol reprend ici ses ingrédients phare de "La pieta" (ambiance burlesque, environnement souvent Art Deco, dialogues savoureusement drôles, personnages décalés, situations atypiques bienvenues) dans son nouveau film au format moyen-métrage dans lequel nous ne verrons pas passer les 50 minutes qu'il dure.
Eduardo Casanova nous plonge dans des questions existentielles que se posent les vampires au fil des siècles et s'amuse à les faire débattre entre eux, chanter, dragouiller avec des humains, chercher des combines pour survivre dans les siècles... Bref un bon gros délire propre et maîtrisé qui aura eu l'effet escompté auprès des festivaliers : on rigole à voix haute, on applaudit à pleines mains et on se remémore avec plaisir les meilleurs passages en sortie de salles.
Pari gagné pour le cinéaste espagnol ayant pris pour habitude de proposer des petites pépites burlesques en festival! Vivement le prochain et on espère le voir bien évidemment dans les Vosges !
VENDREDI 30 JANVIER 2026
Film 12 : JUNK WORLD (Compétition)
Dans un futur lointain, une équipe d’humains, clones et cyborgs explore un empire robotique souterrain, mais tombe dans une embuscade de cyborgs rebelles.

L'heure est venue de voir le septième film en Compétition. Et il s'agit du petit nouveau du réalisateur japonais de "Junk head", Takahide Hori. Un film d'animation attendu car ce dernier a remporté l'Oeil d'Or au PIFFF le mois précédent dans la Capitale.
Et pour ce dernier on reprend ce qui faisait le petit succès du premier, on reprend quelques moules du premier opus et la technique entre autres du stop-motion et on repart pour un tour en compagnie de nos robots pour une préquelle au premier film!
Alors que le premier opus "Junk head" nous gratifiait d'une histoire très répétitive que nous pouvions assimiler à un vieux jeux de plateforme dans lequel notre héros gravissait les levels pour débloquer de nouvelles quêtes, "Junk world" se veut scénaristiquement bien plus construit et abouti que son prédécesseur, tout en gardant ces petites touches d'humour bienvenues et encore plus olé-olé cette fois-ci pour le plus grand plaisir des spectateurs (des méchants vêtus de strings ficelle noirs guidés par un chef en tenue de bondage ou encore un ambassadeur et son bras-droit qui déguste des mets en forme de phallus c'est quand-même du lourd!).
Pour celles et ceux qui avaient trouvé "Junk head" trop simpliste dans son scénario ne seront pas déçu(e)s devant ce nouvel opus qui a monté d'un sacré palier en termes d'histoire et de maturité. Très porté science-fiction, le récit se répète à plusieurs reprises et nous entraine dans des voyages dans le temps sous des points de vue différents. Des combats bien plus dynamiques que dans le premier épisode s'offrent à nous avec des chorégraphies qui prêtent à sourire et renvoient parfois au Japon Féodal quand les confrontations ne sont pas à coups d'artilleries lourdes et d'explosions à tout va.
Dynamique, amusant à maintes reprises et très abouti esthétiquement (un travail d'orfèvre pour donner naissance à tous ces êtres fort bien modélisés dans le film), "Junk world" est un bon film d'animation qui vous fera passer un bon moment... même s'il n'est pas sûr que vous ayez tout tout compris à l'histoire (un jargon très SF qui pourra donner quelques difficultés de compréhension sans grande conséquence sur la lecture générale du film cependant).
Film 13 : L’ODYSSEE DE CELESTE (Hors-Compétition)
Depuis son enfance, Céleste vit avec son meilleur ami, un robot, qui l’aide à accomplir son rêve : devenir astronaute ! Mais lorsqu’elle embarque pour sa première mission interstellaire, son robot se retrouve seul sur Terre et doit faire face à sa solitude pendant que Céleste affronte des dangers imprévus. Leurs souvenirs communs leur donneront le courage et la force de lutter pour pouvoir se retrouver.

Il est l'heure pour moi d'aller au film Hors-Compétition qui est la séance Jeune Public, et cette année c'est "L'Odyssée de Céleste" de Kid Koala qui est mis à l'honneur. Un artiste canadien œuvrant principalement dans la musique (5 albums à son actif, des collaborations avec Gorillaz et Radiohead, des bandes originales de films comme "Gatsby le Magnifique" et "Scott Pilgrim") mais ayant également écrit et illustré un roman, "L'Odyssée de Céleste", qu'il décide d'adapter en film d'animation 15 ans plus tard.
"L'Odyssée de Céleste", c'est l'histoire d'une petite fille ayant pour "animal de compagnie" un robot et qui rêve de marcher sur les pas de sa défunte mère et de devenir astronaute. Et le jour où elle obtient son diplôme, elle part en mission spatiale en solitaire, se séparant quelques temps de son fidèle ami. Tous deux vont apprendre à vivre séparés, notre robot plongé dans la solitude et notre jeune fille confrontée aux dangers de l'Espace...
Film d'animation ciblant principalement un public très jeune (5 à 8 ans principalement), quel plaisir j'ai ressenti dans cette salle du Casino remplie aux 3/5 d'enfants des écoles du coin à qui nous avons appris, nous les adultes calés dans nos sièges au fond de la salle, les cris à faire pendant le générique du festival (le loup-garou et la créature du lac noir principalement) mais aussi les fameux "Bravo" et applaudissements à chaque logo en début de film. Un amusement pour nous tous et des enfants en joie qui m'ont forcément rappelé les miens (7 et 9 ans) qui sont loin de moi cette semaine! De belles ondes positives dans cette salle pour cette séance de détente en plein milieu de ce festival de 6 jours!
"L'Odyssée de Céleste" est un petit film d'animation de 80min environ, réalisé sans grand artifice (des décors minimalistes, une histoire simple) et traitant des thématiques du deuil et de l'amitié, avec une petite touche émouvante bienvenue et quelques petits gags gentillets qui firent rire les petites têtes blondes devant nous.
Les enfants sont ravis et les adultes attendris devant ce petit film marquant une vraie pause dans cette 33ème édition.
Film 14 : REDUX REDUX (Compétition)
Irene Kelly voyage à travers des univers parallèles, tuant à répétition l’assassin de sa fille. Habitée par la haine et le désir de vengeance, son humanité ne tient plus qu’à un fil…

Place au 8ème film en Compétition avec "Redux Redux". Passé l'année précédente par FANTASIA et le NIFFF puis dernièrement par le PIFFF et prochainement au MÊME PAS PEUR FESTIVAL, voilà LE film de Science-Fiction de la Compétition que nous attendions cette année, après les bons échos entendus sur celui-ci en 2025.
Et nous n'avons pas du tout été déçus : le long-métrage américain des frères McManus possède une énergie dingue et un rythme haletant qui ne vous lâchera pas jusqu'au générique de fin. Ce thriller de science-fiction propose en pagaille fusillades, courses-poursuites en bagnoles, meurtres à répétition, explosions... Le long-métrage "Redux Redux" démarre d'ailleurs fort avec un homicide sauvage et saignant suivi d'une immolation, histoire de nous montrer que notre héroïne (sœur des réalisateurs dans la vraie vie) n'est pas un enfant de chœur.
Car depuis la mort de sa fille tombée dans les bras d'un serial killer, Irène n'a de cesse que de revivre ce moment où elle tue l'assassin de sa fille, voyageant à travers des univers parallèles (multiverses) à l'aide d'un télétransporteur, afin de comprendre réellement ce qui s'est passé. Un rôle taillé sur mesure pour Michaela McManus : femme forte et tenace, Irène est une arme à elle toute seule et n'hésitera pas à exterminer cette vermine à chaque nouvel univers rencontré. Malheureusement elle ne parvient pas à avoir la réponse à ses questions et continue sans relâche d'assassiner l'agresseur de sa fille, assouvissant son désir de vengeance de manière infinie.
En ressort donc de cette histoire un film cyclique (les fameux scénarios en boucle comme dans "Timecrimes" ou "Triangle" par exemple) qui va commencer à se stabiliser dès lors qu'Irène va faire la rencontre d'une autre victime du tueur de sa fille. Elle qui jusque-là voyageait dans les multiverses en solitaire va devoir s'occuper également de cette jeune fille qui va lui donner un peu de fil à retordre, cette dernière émettant également le souhait de faire payer son agresseur ! Mais parviendront-elles à leur fin? Irène aura-t-elle réponse à ses questions?...
Voilà un scénario fort original, sans réel temps mort (et ce dernier va légèrement se complexifier par la suite mais toujours dans une maîtrise juste, histoire de ne pas perdre le spectateur dans un univers parallèle...) et sans réel défaut également qui vient nous divertir pendant 1h45 environ en compagnie d'une Sarah Connor des temps modernes et qui nous rappelle que la Compétition n'est pas encore terminée. On pensait avoir atteint le haut du panier de la Compétition avec "The thing with feathers" mais ce "Redux Redux" est un gros morceau également!
HOMMAGE A OLGA KURYLENKO
Voici le moment venu du second hommage car, après celui du cinéaste indonésien Joko Anwar la veille, c'est au tour de l'actrice ukrainienne Olga Kurylenko de venir chercher son trophée des mains de l'un de ses réalisateurs de carrière Neil Marshall (avec qui elle a collaboré sur "Centurion"). Un hommage émouvant durant lequel Olga, les larmes aux yeux, n'a cessé de dire que son pays c'est la France et nul autre pays.
Et c'est en compagnie des deux réalisateurs qu'elle a annoncé le nouveau film Hors-Compétition qui va suivre : "Alter ego".

Film 15 : ALTER EGO (Hors-Compétition)
Alex a un problème : son nouveau voisin est son sosie parfait. Avec des cheveux. Un double en mieux, qui va totalement bouleverser son existence.

Comédie française projetée dans le cadre de l'hommage à Olga Kurylenko (elle y joue l'un des quatre rôles principaux), le film de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine a toutefois ce petit quelque chose de fantastique qui fait que finalement il ne nous a pas dérangé dans la programmation et surtout il a su nous amuser dans la grande salle de l'Espace Lac.
Lisez plutôt : "Alter Ego" c'est l'histoire d'un homme qui soudainement voit son nouveau voisin emménager et se rend compte qu'il s'agit de son sosie (à l'exception de la coupe de cheveux)... Mais en mieux! Perturbé par la situation, il va alors essayer de comprendre pourquoi cet homme qui lui ressemble autant arrive soudainement dans sa vie.
Sous sa facette de (très bonne) comédie française parsemée de péripéties drôles et souvent décalées, "Alter Ego" vient également flirter avec le thriller et le fantastique avec cette mystérieuse enquête que mène notre malheureux héros sur cette étrange ressemblance physique qui lie les deux hommes.
Fort bien rythmé (on ne s'ennuie pas une seule seconde, pris dans cette intrigue peu habituelle et s'amusant très régulièrement face à tant de loufoquerie et de comportements inappropriés de notre héros), le long-métrage de ceux que l'on appelle "Nicolas et Bruno" dans le paysage de Canal+ est doté d'un casting aux petits oignons (Laurent Lafitte est vraiment un très bon acteur et quel plaisir de le retrouver sur Gérardmer après son passage dans le très bon "L'heure de la sortie" de Sébastien Marnier) et de dialogues savoureusement drôles.
On s'amuse devant ce film ayant finalement autant sa place à Gérardmer qu'à l'Alpes D'Huez, un vrai bon divertissement à la française comme on aimerait en voir plus souvent à l'image des Glorieuses Années 70 et 80 (hé oui comme pour le fantastique, la comédie française brillait de mille feux à cette époque-là).
NUIT BLANCHE « NUIT DES MASQUES »
Vendredi soir, 22h30. il était l'heure d'aller s'amuser un peu à la Nuit Blanche spéciale Slasher Movies!
Arrivés sur place, on nous offrait un masque de Ghostface ("Scream") et on fit toutes et tous une grande photo de la salle de l'Espace Lac avec nos masques sur la tête en souvenir de cette nuit placée sous cette thématique bien précise avant de voir en avant-première les premières images et featurettes de "Scream 7".

Film 16 : NIGHT OF THE REAPER (Hors-Compétition)
Deena accepte à contrecœur un travail de baby-sitting de dernière minute. Le soir même, le shérif local reçoit un colis mystérieux qui l’entraîne dans une sinistre enquête. Alors que les indices se dévoilent, Deena se retrouve prise au piège d’un mystère cauchemardesque…

Une fois cette grosse introduction surprise terminée, il était l'heure pour nous de découvrir "Night of the reaper". Un slasher movie qui ne cache pas ses références, "Scream" en tête de liste, et qui reste très convenu dans sa première partie. Un film qui se laisse bien regarder mais qui ne réinvente pas grand chose et dont le jeu d'acteur laisse parfois un peu perplexe sur certains personnages... Jusqu'à cette deuxième partie (mais chut!!!) où le réalisateur tente quelque chose de scénaristiquement différent, moins mainstream.
Malheureusement ce virage à 180° peine à convaincre, le film virant dans l'hyperbolique, les explications données étant tellement tirées par les cheveux... Mais on aura droit à quelques scènes saignantes bienvenues et deux-trois effets de surprise qui ravirent pas mal de festivaliers en contrepartie.
On sort donc de cette projection avec un sentiment très mitigé. Ce n'était ni mauvais ni très bon. Un slasher movie certes bien plus original que beaucoup d'autres qui sortent depuis 30 ans maintenant mais qui laisse une impression "d'inachevé" ou de "rapidement bouclé". Dommage...
Film 17 : DEAD BY DAWN (Hors-Compétition)
Par une nuit de Noël orageuse, une troupe de comédiens est convoquée par le célèbre dramaturge Heissenhoff dans le théâtre baroque de sa famille pour répéter sa prochaine pièce. Mais le rendez-vous tourne au cauchemar lorsqu’un tueur masqué fait son apparition…

Toujours dans le cadre de la Nuit Blanche, toujours dans la thématique du slasher movie que l'on nous a vendue, il est l'heure de découvrir le long-métrage "Dead by Dawn".
Avec son décor très baroque, son atmosphère sombre et son vieux théâtre désaffecté, tout est là pour nous plonger dans une ambiance glauque à souhait.
À ce niveau le film est réussi et ce ne sont pas les meurtres perpétrés par notre tueur masqué du jour qui viendront ternir cela. Extrêmement sadique (mâchoire ouverte en deux, bras arraché, tête explosée, énucléation...), notre meurtrier ne fait pas dans la dentelle et nous gratifie d'homicides très graphiques!
Un slasher durant lequel des comédiens jouent une pièce de théâtre? Cela ne vous rappelle rien? Bien évidemment on pense à "Bloody bird" (alias "Deliria") de Michele Soavi sauf qu'ici... les personnages sont tout sauf crédibles. Bêtes à souhait, nos comédiens continuent de jouer leur pièce ou de boire un verre malgré la menace qui rôde et une fois le tueur à leurs trousses ils ne pensent pas à casser des fenêtres ou des vitraux pour se faire la malle à l'extérieur tout simplement...
Sans en dévoiler trop, ce slasher movie va également sortir des terrains battus en nous proposant une sous-couche de paranormal à son récit. Une idée sympathique certes mais tombant un peu comme un cheveu sur la soupe, le réalisateur et le scénariste n'ayant de ce fait pas exploité cette thématique.
Bref on ressort de cette projection plutôt souriants et satisfaits, les décors et les meurtres bien saignants ayant eu raison d'une galerie de personnages bêbêtes qui n'ont d'intérêt dans le film que de servir de chair à canons (bon c'est déjà cela de pris, nous sommes dans un slasher movie ne l'oublions pas).
SAMEDI 31 JANVIER 2026
COMPETITION DES COURTS-METRAGES
Le festival de Gérardmer est également l'occasion chaque année de participer à la Compétition des courts-métrages. Ce fameux concours qui viendra récompenser peut-être le futur talent de demain!
Une Compétition que je fais très régulièrement dans les Vosges, les sélections étant généralement de qualité. Et cette année ne dérogeait pas à la règle : nous avons passé Mélanie et moi un bien sympathique moment devant ces cinq histoires qui nous ont été contées.

Une compétition qui commence par "Dammen". Le court-métrage le plus contemplatif de la sélection qui fera appel à votre imagination pour tenter de comprendre ce qui va arriver à nos deux jeunes femmes prenant du bon temps au bord d'un lac.
Le mystère flotte autour de cette histoire qui divisera fortement le public en raison de cette monotonie qui campe dans ce récit minimaliste mais non dénué d'intérêt. Preuve que même sans grand artifice on peut susciter pas mal de réflexion et d'interrogations.
Puis nous continuons la sélection avec "Dans le ventre du Léviathan". Le court-métrage esthétiquement le plus réussi, l'équipe du film ayant reproduit assez fidèlement l'intérieur d'un sous-marin avec tout ce qu'il faut comme détails. Très immersif, ce dernier nous plonge dans le quotidien d'une chirurgienne opérant des androïdes comme s'il s'agissait d'humains, sous les ordres du commandant de bord qui, à l'inverse d'elle, préfère parler productivité que santé.
Intéressant sur le papier, il est par contre dommage que les personnages ne soient pas plus travaillés, ce qui dessert quelque peu le film proposé. Reste toutefois une sympathique proposition de science-fiction, un registre pas toujours évident à mettre en avant dans un court-métrage avec peu de moyens.
Continuons l'exploration de la Compétition des courts-métrages avec cette fois-ci celui ayant fait pas mal de teasing pendant le festival (des faux avis de recherches ont été affichés sur Gérardmer pour faire un petit coup de comm pour ce court-métrage, intelligent!) : "Exsanguina". Une histoire tournée sous forme de found-footage qui nous raconte comment une jeune fille pensant passer du bon temps avec son idole sur Paris va finalement voir son séjour virer au cauchemar.
Voici un court-métrage qui joue la carte de l'anxiogène, de l'effroi et de la peur, se concentrant plus particulièrement sur cet aspect frissonnant (deux jumpscares sont particulièrement réussis) pour faire sursauter de plaisir son public. Assez peu réceptif généralement au genre "Caméra à l'épaule", comme on les appelle, j'avoue que ce court-métrage qui vient dénoncer la dangerosité des réseaux sociaux (un vrai phénomène de société) ne m'a cependant pas déplu, clôturant son histoire sur un final original qui vient contrecarrer ce qui jusque là ne sortait pas vraiment des sentiers battus. Sympathique.
Vient alors le quatrième court-métrage intitulé "Gavage". Probablement celui que j'attendais le plus et qui nous narre l'histoire d'un éleveur de canards qui va se laisser embarquer dans une commande de foie gras des plus particulières qui lui permettrait de sortir sa ferme de la faillite. Et le moins que l'on puisse dire c'est que je n'ai pas été déçu de cette projection qui vendait du rêve sur le papier tout en gardant cette part de mystère bienvenue.
D'ailleurs c'est bien simple : tout est réussi dans ce court-métrage. L'histoire est riche en rebondissements et le scénario fort bien écrit, ce qui n'est pas si courant dans un court-métrage au vu du peu de temps que l'on a pour retranscrire une histoire. Ici chaque minute offre une multitude d'informations, des dialogues savoureux et des touches d'humour qui font mouche.
Très intelligent et parfaitement ancré dans l'actualité de notre quotidien, les thématiques abordées ici sont diverses et variées : contexte politico-économique, situation des éleveurs/agriculteurs dans le Monde d'aujourd'hui (factures à payer, grippe aviaire, émergence du Bio...), terrorisme/radicalisme, montée de la culture RSE dans les entreprises, promotion du savoir-faire culinaire français... Sans oublier bien évidemment une touche fantastique - que je tairai volontairement pour ne pas gâcher l'effet de surprise - mêlée à une bonne grosse pincée d'humour, le tout servi par un casting de très bonne facture. Une fois tout cela assemblé avec justesse et professionnalisme, vous obtenez là mon coup de cœur de ces dernières années post-Covid de Compétitions des courts-métrages à Gérardmer !
Une vraie réussite, chapeau à toute l'équipe ! Travaillant en parallèle d'Horreur.Com dans l'Agroalimentaire et le RSE, j'ai littéralement été emballé par cette superbe proposition de cinéma très ancrée dans notre actualité, dans ce qui fait notre quotidien et ce qui nourrit notre avenir.
Après cette belle surprise arrive le tout dernier court-métrage : "La dernière neige". Alors que la journée de ski se termine sur une station très animée, deux skieurs décident de faire une dernière descente de nuit, ce qui ne s'avèrera pas être une bonne idée...
Avec cette histoire, nous finissons la Compétition sur un film découpé en deux parties distinctes. Deux parties deux ambiances dirons-nous. Après nous avoir embarqués dans une introduction teintée d'humour gentillet, l'histoire bascule dans l'horreur pure. Sans trop en dévoiler, laissant travailler notre imagination (à moins qu'il ne s'agisse d'un manque de moyen...), "La dernière neige" nous confronte à une menace par contre bien réelle qui rôde autour d'une station de ski et plus particulièrement tout au bout de la ligne de télésiège vers où se dirigent nos deux amis pris au piège... Un court-métrage qui demeure fort intéressant avec son mélange des styles bienvenu : on passe de l'humour à l'horreur dans le récit mais également d'un film classique à ce qui pourrait s'apparenter à du found-footage dans les derniers instants du film. Original!
Film 18 : COLD STORAGE (Hors-Compétition)
Lorsqu’un micro-organisme mutant et hautement contagieux s’échappe d’un confinement en chambre froide en ravageant tout sur son passage, deux jeunes employés – épaulés par un ex-agent de l’anti-bioterrorisme – se retrouvent à lutter pour leur survie (et accessoirement celle de l’humanité) au cours d’un service de nuit aussi délirant qu’explosif…

Film Hors-Compétition, nous étions nombreux à vouloir assister à cette projection d'un film mêlant comédie et film de science-fiction/infection.
Et le moins que l'on puisse dire c'est que le résumé du film fourni par le Festival est exactement ce à quoi nous nous attendions! Aucune fausse route, tous les ingrédients cités dans le synopsis sont présents.
Car oui, cette histoire de contamination par un micro-organisme extraterrestre dans une ancienne base militaire top-secrète avec tout ce qu'il faut comme humour, SFX et action tient ses promesses!
Liam Neeson est ici accompagné d'un casting qui tient globalement la route et qui nous fait passer un bon moment de SF simple sur le papier et au rythme bien maintenu du début (quelle intro au top! Nous sommes mis dans le bain dès les 10 premières minutes montrant la dangerosité de ce champignon extraterrestre) à la fin.
Les SFX sont très bons, à la fois organiques et grand-guignolesques parfois, et les explosions de corps humains sont répétitives mais fort réussies!
Un bon petit film qui représente à lui seul l'esprit du festival. Très bien pour cette dernière partie de la 33ème édition!
CEREMONIE DE PALMARES
A l’inverse des autres années, la Cérémonie de Palmarès, bien distincte de la Cérémonie de Clôture qui a quant à elle lieu dimanche en début de soirée, a eu lieu le Samedi et c’est donc sans avoir vu le dernier film en Compétition "Cadet" que je suis allé voir cette cérémonie officielle.
Après des discours d’Anne Villemin (Présidente du festival) et Aude Hesbert (Directrice du festival), la Directrice de la Programmation sur la plateforme Insomnia (partenaire du festival) a également pris la parole et lancé le début du Palmarès avec en premier lieu le Prix du Meilleur court-métrage, en compagnie de notre Jury. Puis ont été décernés les Prix pour les longs-métrages dont le fameux Prix du Jury pendant lequel la comédienne autrice et réalisatrice Nadège Beausson-Diagne a lancé haut et fort un plaidoyer contre toutes les formes de violence et pour la lutte contre la discrimination ayant déclenché un tonnerre d’applaudissements dans le public.
Voici donc le Palmarès de cette 33ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer :
Prix du meilleur court métrage : "Exsanguina"
Prix du Jury Jeunes Grand Est : "Don't leave the kids alone"
Prix du Public (10444 votes) : "Redux Redux"
Prix de la Critique : "Cadet"
Prix du Jury : "The Weed eaters" ex-aequo avec "Cadet"
Grand Prix : "Mother's baby"


Film 19 : RETOUR A SILENT HILL (Hors-Compétition, Film de Clôture)
James est un homme brisé par sa séparation avec son grand amour. Un jour, une mystérieuse lettre lui parvient et le rappelle à Silent Hill pour l’envoyer à la recherche de la femme qu’il aime. Là-bas, il se retrouve dans une ville qu’il connaissait jadis, mais qui semble avoir été transformée par un esprit maléfique inconnu. Alors que James pénètre plus profondément dans cette obscurité effrayante, il rencontre de terrifiantes figures, parfois familières. Il commence alors à se demander s’il devient fou et lutte contre lui-même pour trouver un sens à cette étrange réalité, afin de parvenir à sauver son amour.

20 ans après le premier opus, Christophe Gans remet le couvert et nous invite de nouveau dans la ville fantôme de Silent Hill pour une nouvelle aventure.
Film de clôture cette année présenté uniquement en Cérémonie de Palmarès, "Retour à Silent Hill" aura attiré bon nombre de spectateurs car une seule projection du film était possible pour des raisons de droits.
Une suite qui n'en est pas vraiment une car les personnages et l'histoire ne sont pas du tout les mêmes (ici le réalisateur dit s'être inspiré du fameux jeu "Silent Hill 2"). Inutile donc de faire comme moi et de revoir le premier "Silent Hill" de 2006 juste avant la projection de celui-ci pour se remettre dans l'histoire...
Un film pour lequel nous nous rendions dans la salle avec de petits à-aprioris car le film n'avait pas du tout fait l'unanimité (loin de là même) en Projection Presse la même semaine sur la Capitale ainsi qu'en avant-première dans une sélection de salles obscures en France.
Mais comme on dit : « On se fera notre propre avis en sortie de visionnage! »
Bon alors soyons clairs d'emblée sur le sujet : ce deuxième opus de Christophe Gans n'est pas une réussite... Il s'agira pour moi seulement du deuxième film que je n'ai pas aimé, après le fameux "Planètes" en début de festival, lui aussi en Hors-Compétition.
La raison à cela ? En grande partie, je n'ai pas apprécié le film à cause de ses effets spéciaux : l'équipe du film a fait encore moins beau que le premier "Silent Hill" qui lui-même n'était déjà pas une grande réussite sur le sujet (la ville était bien réalisée il est vrai mais les monstres étaient tout simplement hideux, tout en numérique affreux...). Devant ces décors étonnamment moins détaillés et surtout ces monstres toujours aussi vilains esthétiquement, il est difficile de rendre le film immersif et c'est bien cela le principal problème.
Mais ajoutez à cela une histoire peu intéressante et trop confuse par moments (celle-ci semble pensée pour les fans du jeu vidéo, laissant quelque peu sur le carreau les cinéphiles que nous sommes en grande partie dans la salle), des flashbacks soudains qui cassent l'ambiance en quelques secondes, une tension jamais vraiment palpable ou encore des personnages non attachants (dont un personnage de psychiatre qui semble paumé dans l'histoire et n'être là que pour casser le rythme) joués par un casting peu réjouissant.
Cela commence à faire beaucoup me direz-vous. Et c'est malheureusement une triste réalité : ce nouveau Silent Hill est un vrai naufrage et cela nous fait mal au cœur pour notre cinéaste français.
Un film qui sera vite oublié c'est certain.
DIMANCHE 1ER FEVRIER 2026
NUIT BLANCHE « NUIT DECALEE »
00h30 samedi, l'heure de la Nuit Décalée, seconde Nuit Blanche du festival et depuis de nombreuses années la plus attendue aussi. Le nom de cet évènement unique dans le festival de Gérardmer a certes changé de nom au fil des années mais a toujours été le siège d'un grand bordel général orchestré par toute une équipe aux petits soins pour leur public déchainé et dirigé par notre David - Fido - Rault.
Cette année, c'est "Flush" qui est mis à l'honneur dans l'introduction de cette Nuit Blanche avec une estrade où semble avoir pris racine un toilette puis des jets de PQ dans la foule. Un grand quizz cinéma fait ensuite son entrée, animé par Fidooooooo et deux faux catcheurs, et permet de faire gagner des dizaines de jeux de société aux participants, offerts par le partenaire Asmodee.


Et voilà, tout se termine une fois le gros tas de jeux de société déposé sur l'estrade au pied du toilette écoulé. Place à présent au deux films sélectionnés pour cette nuit et notamment le fameux "Flush" dont beaucoup parlent depuis le début du festival.
Film 20 : FLUSH (Hors-Compétition)
Retrouver son ex dans le bar de nuit où elle travaille et la convaincre de revenir vivre avec lui, ça devrait pouvoir se faire. Semer le dealer et le patron du bar qui l’ont laissé pour mort dans les toilettes pour avoir tenté de piquer leur came, c’est encore dans ses cordes. Par contre, retirer sa tête enfoncée dans le trou des toilettes, ça, ce n’est pas gagné…

C’est sûr : ce n'est pas tous les jours que nous visionnons un film nous narrant les mésaventures d'un homme ayant la tête coincée dans un WC à la turque!
Et c'est bien ce dont il est question ici dans le film de Grégory Morin, l'un des cinéastes frenchy sélectionnés cette année, venu pour l'occasion avec notamment son actrice et le scénariste pour présenter leur œuvre loufoque.
Curieux de savoir ce qu'il est possible de raconter pendant 1h10 avec une idée de base pareille, je fus finalement littéralement conquis par cette proposition dingue, drôle et sacrément rythmée ! Quelle surprise Grégory Morin nous a fait là en ouverture de la Nuit Décalée 2026 !
"Flush" c'est l'histoire d'un pauvre type à qui la vie ne semble pas vouloir faire de cadeaux et qui se retrouve, suite à un malentendu, tabassé par des dealers dans des toilettes à la turque à tel point que sa tête se retrouve coincée dans le trou des chiottes ! S'ensuivent alors plusieurs dizaines de minutes de métrage durant lesquelles notre ami va user de stratagèmes divers et variés et de tentatives plus ou moins vouées à l'échec pour sortir sa tête de cet endroit bien dégueulasse.
Fort bien écrit (on ne s'ennuie pas une seconde devant cette accumulation de rebondissements) et hilarant (le scénariste David Neiss fait preuve d'une imagination débordante pour toujours plus compliquer la situation déjà complexe de notre ami qui va passer par tellement d'obstacles qui se dressent face à lui, qu'ils soient hautement dangereux ou tout simplement bien crades), "Flush" n'a pas fini de faire parler de lui à la Perle des Vosges! Avec ses blagues pipi-caca ou à connotation sexuelle bienvenues, ses scènes d'agression punchy et ses personnages bien barrés, Grégory Morin nous a livré là un film dingo que l'on n'espère pas voir disparaître des réseaux par la suite (une sortie DVD peut-être ???).
Le public a adoré. On attend à présent le prochain film de cette nuit !
Film 21 : HOLD THE FORT (Hors-Compétition)
Fraîchement devenus propriétaires d’un pavillon de banlieue, Lucas et Jenny sont loin d’imaginer que leur quartier cache un vice caché… Invités à une fête de voisinage, ils se retrouvent piégés dans une bataille épique entre leur association de copropriétaires et une horde de monstres venus des enfers.

Deuxième film de la Nuit Décalée, "Hold the fort" nous narre les mésaventures d'un jeune couple ayant élu domicile dans une banlieue pavillonnaire dans laquelle les habitants mènent un combat effréné contre des monstres sortant des Enfers par un portail mystérieux.
Ouch, voilà encore un résumé qui donne l'eau à la bouche! Hé oui sur le papier ça semble cool, devant la caméra ça l'est un petit peu moins...
Bien moins percutant que "Flush", la mayonnaise peine à prendre, le soufflé peine à lever, le pétard peine à exploser (stop j'arrête là, la Nuit Décalée déteint trop sur ma chronique...). "Hold the fort" c'est malheureusement très répétitif bien que le rythme soit plutôt bien maintenu tout au long du film. De ce fait, on s'ennuie lors des attaques de monstres, on attend impatiemment un peu d'originalité mais les péripéties peinent à se montrer et à convaincre surtout.
Pourtant cet hommage au cinéma de série B et aux films de monstres commençait très bien avec cette réunion de quartier (un grand classique aux USA) tournée en dérision et ses personnages un brin décalés qui la peuplent.
Mais ensuite la promesse de "Hold the fort" ne tient pas malheureusement : le film ne va pas assez loin dans son bon gros délire et le spectateur se sent quelque peu trompé sur la marchandise.
Le manque de budget est évident : les monstres ne sont pas exceptionnels esthétiquement pour certains (prenons par exemple notre loup-garou du pauvre... ), les mêmes idées semblent tourner en rond et les effets spéciaux sont très hétérogènes en termes de qualité.
Pourtant le film est généreux bien que redondant et on sent une vraie volonté chez le cinéaste et ses acteurs/actrices de se donner à fond pou nous offrir un bon gros joyeux bordel et ça il faut le souligner!
Car non, ce n'est pas mauvais et le film a bien sa place à la Nuit Décalée mais le traitement opéré sur l'histoire et la qualité des effets spéciaux fortement hétérogène nuisent quelque peu au projet et empêchent de profiter à fond du spectacle.
Film 22 : CADET (Compétition)
Accompagnant sa mère venue enseigner dans une école militaire très stricte, un jeune garçon subit le harcèlement et les coups de ses camarades, avant d’adopter lui-même un comportement inquiétant.

Neuvième et dernier film vu dans le cadre de la Compétition des longs-métrages, "Cadet" est probablement celui qui décevra le plus de festivaliers. Son rythme très lent aura eu raison de nombreux spectateurs partis bien avant la fin du film ou endormis dans leur siège...
Et pourtant, cette histoire nous plongeant dans une école militaire en compagnie d'un jeune homme maltraité par ses camarades et de sa mère professeure dans l'établissement n'est pas dénuée d'intérêt.
Mêlant brillamment des éléments de l'histoire de l'Union Soviétique à de l'épouvante et du paranormal, en passant par de la psychologie, de l'intrigue policière ou encore du drame familial, Cadet est un film riche dans sa narration malgré ce rythme soporifique perçu par beaucoup (et je peux le comprendre, le film étant loin d'être énergique) et qui l'empêchera d'avoir la moindre chance pour le Prix du Public.
Difficile à croire car ce film en provenance du Kazakhstan est très plaisant à suivre. Véritable critique du militarisme abrutissant, d'un masculinisme qui semble se percher au-dessus de tout ou encore d'une Presse sous la pression de régime militaire qui mène la danse (et j'en passe), nous entrons progressivement dans les entrailles de ce récit sombre et basculons lentement vers une dimension plus fantastique, teintée de paranormal, dont le jeune Serik tient une place centrale...
Très politico-historique si je puis dire ainsi, l'intrigue de ce nouveau long-métrage d'Adilkhan Yerzhanov (réalisateur de "Assault" qui remporta le Grand Prix à Reims Polar) se suit avec beaucoup de lenteur certes mais apporte une dimension tellement singulière à ce récit mâtiné de fantastique que l'on ne peut qu'être agréablement surpris par cette proposition atypique dans le cinéma de genre.
Retrouvez la chronique de Mélanie : "Cadet"
Film 23 : DOLLY
Une jeune femme lutte pour sa survie après avoir été enlevée par une créature monstrueuse qui veut l’élever comme son propre enfant.

Voici l'heure pour moi de découvrir mon 23ème et dernier long-métrage de cette 33ème édition du festival. "Dolly" était l'unique film à bénéficier d'un avertissement en raison de sa violence graphique, ce qui ne laissa pas indifférent les festivaliers venus en nombre voir celui qui passa à deux reprises dans la grande salle de l'Espace Lac et dont la première projection se fit le samedi soir, juste avant la Nuit Décalée. À cette occasion, une file d'attente très longue s'était formée pour aller voir le film de Rod Blackhurst distribué en France par ESC Films.
Mais qu'était-ce donc ce fameux "Dolly" qui faisait clairement partie des « films à voir » pour beaucoup de festivaliers ?
Hé bien il s'agit d'un survival brutal comme nous pouvons en voir de temps en temps, le genre de film qui est fortement prisé en festival car on nous y promet adrénaline et hémoglobine en général (d'ailleurs ESC Films est très friand de ce genre de métrage très raccoleur pouvant rapporter gros). Un film durant lequel le cerveau est mis quelques temps au repos car le scénario s'avère linéaire et peu complexe dans son écriture. D'ailleurs, "Détour mortel" ou "Massacre à la tronçonneuse" nous viennent indéniablement à l'esprit quand nous visionnons le film de Rod Blackhurst dont les principaux points forts résident dans son atmosphère glauque et son tueur charismatique.
Une ambiance anxiogène est permise par ce tueur sadique à souhait et cette vieille maison isolée en pleine forêt d'où il semble impossible de s'échapper une fois tombé entre les griffes de ce taré à la carrure imposante (la catcheuse non binaire Max the Impaler se cache derrière ce personnage inquiétant) et au visage dissimulé derrière un masque de porcelaine. Un attribut renforçant ce côté dérangé, mystérieux et enfantin chez notre tueur qui rappelle inévitablement ce cher Leatherface. Un être intellectuellement diminué manifestement, doté d'une force herculéenne et dont l'une des principales occupations est de jouer à la maman comme en atteste toutes ces poupées qu'il affectionne tout particulièrement et collectionne par centaines... Alors quand il a la possibilité de remplacer une de ses poupées par un véritable être humain rencontré dans la forêt avoisinante, il ne va pas hésiter la moindre seconde! Et c'est donc notre héroïne sui va se retrouver séquestrée par cette grosse brute écervelée, inquiétante et brutale.
Et même si le film de Rod Blackhurst présente de nombreux défauts particulièrement gênants (une grosse impression de déjà-vu flotte autour de cette histoire qui entretient trop de mystères - des absences de réponses à nos questions - et dans laquelle les personnages sont bêtes à souhait et semblent aimer visiblement se jeter dans la gueule du loup), n'allons pas bouder notre plaisir devant cette atmosphère sale et poisseuse, ce tueur dégénéré inquiétant et menaçant mais également ces scènes sanglantes qui justifient ce fameux avertissement attribué par le festival pour mettre en garde les âmes les plus sensibles.
Au final, nous passons un sympathique moment devant ce "Dolly" pourtant pas très original mais fichtrement divertissant. Une bonne petite fin de festival en ce qui concerne les projections me concernant.

NOS PREFERENCES POUR CETTE 33EME EDITION :
Comme notre ami comédien Cédric Nicolay qui pousse le cri du Gardien des Contes de la Crypte en début de chaque séance, j'ai adoré "The thing with feathers" et "Redux redux" dans la Compétition et c'est la troisième fois en 15 ans de Gérardmer que je laisse quelques larmes devant un film, après l'excellent "Realive" et le larmoyant "La dernière vie de Simon". Gérardmer ce n'est pas que de l'effroi, du gore, de la SF pétaradante, c'est aussi parfois de l'émotion et cette année avec des thématiques récurrentes dans les films comme le deuil et la parentalité il fallait s'attendre à verser une larme à un moment sur ces six journées de festival dont cette année 2026 restera un excellent crû comme déjà dit bien plus haut dans ce dossier !
Voici justement venu l’heure de dévoiler mon TOP10 par ordre de préférence :
1. "REDUX REDUX" (Compétition)
2. "THE THING WITH FEATHERS" (Compétition)
3. "MOTHER’S BABY" (Compétition)
4. "FLUSH" (Hors-Compétition)
5. "SEND HELP" (Hors-Compétition)
6. "SILENCE" (Hors-Compétition)
7. "ALTER EGO" (Hors-Compétition)
8. "GAVAGE" (Compétition CM)
9. "VIEJA LOCA" (Hors-Compétition)
10. "CADET" (Compétition) Ex-Aequo avec "WELCOME HOME BABY" (Compétition)
Et voici à présent celui de Mélanie (qui a fortement apprécié les séances rétro et redécouvrir ces films sur grand écran) :
1. "L’HOMME INVISIBLE" (Rétro)
2. "NOSFERATU, FANTOME DE LA NUIT" (Rétro)
3. "LE MASQUE DU DEMON" (Rétro)
4. "SILENCE" (Hors-Compétition)
5. "CADET" (Compétition)
6. "DAMMEN" (Compétition CM)
7. "GAVAGE" (Compétition CM)
8. "THE ROOM" (Hommage Olga K)
9. "EXSANGUINA" (Compétition CM)
10. "WELCOME HOME BABY" (Compétition CM)
Et les festivaliers, qu’ont-ils pensé de cette 33ème édition ? Quels sont les films qui les ont marqués ? Pour le savoir, nous avions interrogé à divers moments du festival les avis à chaud des gens dans les files d’attente et dans les salles pour compiler ensuite les informations données.
Voici ce qu’il en ressort des films préférés des festivaliers :
Les titres les plus cités en Compétition : "REDUX REDUX" / "THE THING WITH FEATHERS" / "NERVURES" / "DON’T LEAVE THE KIDS ALONE"
Les titres les plus cités en Hors-Compétition : "VIEJA LOCA" / "SILENCE" / "SEND HELP" / "ALTER EGO"
Les titres les plus cités en Rétro : "THE DESCENT" / "LE VOYAGE DE CHIHIRO"
Le titre préféré dans les Courts-Métrages : "GAVAGE"
REMERCIEMENTS :
Comme chaque année, l’heure est venue de faire le bilan et de remercier les personnes nous ayant accompagnés.
Tout d’abord, il convient de remercier les organisateurs du festival et plus particulièrement Sophie Gaulier (SG ORGANISATION) qui nous accompagne chaque année avec beaucoup de professionnalisme. Nous remercions également la Présidente du festival Anne Villemin et la Directrice du festival Aude Hesbert qui apportent un souffle nouveau depuis deux ans et cela fait du bien de voir notre festival évoluer positivement dans plein de domaines.
Nous n’oublions pas non plus les 600 bénévoles ainsi que le personnel de sécurité (bravo Akim pour ton travail chaque année!) présents chaque année sur le terrain et sans qui le festival ne se ferait pas.
Merci aux exposants et aux artistes présents sur place.
Merci au Grand Hôtel And Spa et à Madame Valentin, bénévole au Grimoire, qui nous ont hébergés.
Merci aux commerçants chez qui nous avons pu nous restaurer : la boulangerie "Les P'tites douceurs", le restaurant "Le Cosy", l’établissement "Le Garden", le Kebab "M&L" ou encore les barmens et serveuses(eurs) du Grand Hôtel.
Et pour terminer, nous remercions toutes celles et ceux qui nous ont suivi dans cette 33ème édition, de près (dans les files d’attente) comme de loin (sur le réseau social Facebook et à présent également sur Instagram). Vous êtes de plus en plus nombreux(euses) au fil des années à suivre nos avis et critiques à chaud ou encore nos témoignages divers et nos photos prises sur les lieux de l’évènement. De plus en plus de festivaliers viennent à notre rencontre dans les files d’attente ou dans les salles avant projection pour discuter avec nous de la sélection ou de l’ambiance en général et nous trouvons cela super, le festival étant un lieu de haute convivialité !
Nous en profitons enfin pour saluer bien évidemment celles et ceux avec qui nous passons de supers moments à discuter : la bande à « Bella », Julia et son conjoint Stéphane mais également les voisins de l'Est Alexis Jacquot notre chasseur de stars préféré, Cédric Nicolay le « Hurleur », Jean-Charles Contaux le cinéphile, le vendeur en Espace Culturel chez Leclerc Raphaël Girardon (et les copains Quentin/Jonathan avec qui on s’est fait un resto après la pièce de théâtre pour clôturer à notre façon le festival (avant un très très gros dodo), sans oublier mon meilleur vendeur Loïc Bugnon et plein d’autres encore avec qui nous aimons discuter chaque année.
Merci Gérardmer, merci le festival, merci à toutes et tous !
On se dit à l’année prochaine !
A mon papa (10/02/1956-26/05/2025)
David MAURICE
Le 5 Février 2026