CREEPSHOW (SAISON 3)
CREEPSHOW (SEASON 3)
Forte de son succès sur la plateforme de streaming Shudder, la série "Creepshow saison 1" avait même connu une seconde saison avant la diffusion complète de la première en 2021 ! Peu de temps après, une troisième était déjà diffusée et elle faisait encore une fois prendre vie, à travers des histoires terrifiantes et animées, à ces bandes dessinées fictives, mais non moins célèbres toujours présentées par le « Gardien de la Crypte » (« The keeper » chez nos cousins d’Outre-Atlantique).
L'AVIS :
Comme pour les deux précédentes saisons, celle-ci ne déroge pas à la règle et offre à chaque fois un double programme. On commencera donc par Mums (« Les fleurs du mal ») dans lequel Jack, un jeune garçon se retrouve avec Hank, son père alcoolique (incarné par Ethan Embry, vu notamment dans "The devil’s candy", "Fear itself") alors que sa maman Bloom (« floraison » sic !) a mystérieusement disparu. Ce premier segment, avec une mère cherchant à se venger depuis l'au-delà via des plantes est tellement kitsch qu’on pourrait en rire aux éclats. De plus, pourquoi tant d'épisodes de "Creepshow" (au moins la moitié !) traitent-ils de « vengeance d'outre-tombe » ? Au suivant !
Ce dernier au titre sympa de Queen Bee (« Gloire à la reine » en français) met en images Trenice et ses amis, obsédés par Regina, une star de la pop à la Beyoncé (d’où le titre sous forme de jeu de mots !) qui apprennent qu’elle a été admise dans un hôpital local, et qui vont tout faire pour la rencontrer, mais ça ne se passera pas comme prévu, évidemment ! Même si l’intrigue est exagérée avec ces jeunes protagonistes complètement psychotiques car prêts à tout pour voir leur idole, il faut avouer que le fait que la chanteuse soit une abeille monstrueuse est bien drôle et assumé, malgré des images de synthèse semblant dater des années 90 !
Suivra Skeletons in the Closet (« Des squelettes dans le placard ») dans lequel Lampini, un cinéphile, crée un musée d'accessoires de films d’horreur qu’il est impatient d’inaugurer, mais un collectionneur rival (interprété par le talentueux James Remar, le papa de "Dexter" !) pourrait tout mettre en péril. Malgré son côté un peu geek et kitsch, cet épisode ravira de nombreux fans par ses multiples références aux classiques de l'horreur. On voit notamment un personnage tué par une sphère métallique du film "Phantasm", un autre hommage direct à "Psychose" et puis, bien sûr, le combat final entre des squelettes réanimés, rappelant le regretté mais ô combien compétent Ray Harryhausen.
Ce double se poursuit avec Familiar (« Les familiers ») narrant les mésaventures de Jackson, qui à la suite d’une visite chez un médium alors qu’il était un peu éméché, est suivi par une force obscure. Ses tentatives pour s'en débarrasser fonctionneront-elles ? C’est assez sombre côté ambiance et même si la fin est attendue, elle fera son petit effet.
On joint ensuite dans The Last Tsuburaya (« Le dernier Tsubaraya »), le récit d’un collectionneur d'art odieux qui n'aurait jamais pu imaginer comment l’ultime tableau terrifiant de l’artiste Tsubaraya allait autant changer sa vie…
Cet épisode ne restera pas un incunable, toutefois il sera tout de même fort agréable de voir ce collectionneur arrogant et prétentieux qui, après avoir déboursé une fortune pour détruire une toile majeure, être frappé d'une malédiction ancestrale liée à une légende japonaise mettant en scène un artiste maléfique dessinant des monstres. Cheh !
Puis, dans Okay, I'll Bite! (« L’homme araignée ») on observera Elmer, un spécialiste des araignées s’étant malencontreusement retrouvé en prison et qui se fait martyriser par d’autres prisonniers décidant de tuer ses tarantules pour lui donner une leçon. Eh bien ils n’auraient pas dû !
Ce segment était un hommage et une parodie (mais avec des araignées velues) de « There Creeping Up on You », épisode culte du long-métrage de 1982 réalisé par maître Romero ! En résumé, un assez bon cru de la série qui ravivera les frissons des films d'horreur classiques !
Il le faudra bien, car le double épisode qui suit contient deux histoires complètement nulles !
Dans Stranger Sings (« Mélopée macabre », titre français qui vaut mieux que l'original faisant honte à la série aux mêmes consonnances phonétiques !) une jeune femme attire chez elle un médecin pour qu'il procède à une intervention chirurgicale visant à échanger ses cordes vocales avec celle de son amie qui se trouve être une sirène de la mythologie grecque.
C’était tout simplement horrible et tellement mal réalisé que ça en devenait ridicule. De plus, la réaction du docteur face à ce qui se passait était tellement caricaturale qu'elle en devenait grotesque. C'était vraiment affreux ! Et c’était quoi sérieusement ce scénario avec ces deux femmes enlevant un gynécologue pour qu’il procède à une opération visant à échanger leurs larynx ? Il n’est pas chirurgien le gars ! Et ne parlons même pas du jeu des acteurs, il n’y en avait pas !
On continuera notre voyage dans l’horreur indicible avec Meter Reader (« Le collecteur ») dans lequel une adolescente se bat pour garder sa famille en vie alors que la Terre est ravagée par une épidémie qui transforme ses habitants en démons...
Malgré la présence au casting de Johnathon Schaech ("Laid to rest", "The doom generation") en exorciste itinérant, il n'y a pas grand-chose à dire de cette seconde histoire. C'est un mélange entre n’importe quel métrage parlant de pandémie et "L'exorciste", avec une explication ennuyeuse à mourir. On se serait cru dans un nanar hollywoodien du samedi soir, c’est dire ! Complètement oubliable !
Heureusement que le double épisode 5 va rattraper tout cela avec tout d’abord Time out (« Temps mort ») dans lequel Tim a toujours souhaité avoir plus de temps dans la journée lorsqu’il va découvrir une armoire ancestrale lui permettant d’en gagner. Mais à quel prix ?
C’était vraiment un bon segment avec Tim, un jeune homme devenu un avocat brillant qui a tout pour être heureux : une femme, une famille, de l'argent et des récompenses au sein de son cabinet. Mais il a un secret : une clé héritée de sa grand-mère lui permettant d'arrêter le temps lorsqu'il pénètre dans une sorte de placard mystérieux. Cette clé le guide à travers la vie, lui apportant chance et succès, mais il ne faut surtout pas la laisser à l’extérieur, ce qui va finir par arriver, comme on s’en doute, mais la fin est assez cash pour ce type de série !
Dans The Things in Oakwood's Past (« Les secrets d'Oakwood »), une capsule temporelle détenant un obscur secret est déterrée et ravive un sombre passé à Oakwood, une ville américaine lambda...
Cet épisode totalement réalisé en animé est bien sympa également avec cet étrange anniversaire qui approche, impliquant les habitants, la bibliothécaire locale et des journalistes pour enquêter sur les événements passés, ainsi qu’une mystérieuse capsule temporelle. Que contient-elle ? C’est ce qui nous tiendra en haleine tout le long jusqu’à un final bien sanglant et apocalyptique comme on les aime !
Viendra ensuite Drug Traffic (« Hors de contrôle ») dans lequel un groupe de migrants est arrêté à la frontière Canadienne après avoir acheté des médicaments. Un douanier isole une mère et sa fille qui, privée de soin, voit son état se dégrader progressivement…
Cet épisode était assez politique avec son député aux motivations inavouables et ce douanier socialiste, incarné par le toujours aussi patibulaire Michael Rooker ("Henry, portrait d’un serial killer", "Horribilis", "The Belko experiment"). Toutefois, on retiendra avant tout la tête en lévitation de la jeune fille sevrée de traitement : un grand moment de rigolade !
On clôturera cette anthologie par A Dead Girl Named Sue (« Apocalypse zombie ») un segment anecdotique pour ne pas dire navrant, racontant l’histoire d’une petite bourgade subissant une invasion de zombies avec ses habitants voulant se faire justice eux-mêmes en retrouvant Cliven Ridgeway le fils du maire se sentant intouchable, accusé d’avoir tué une petite fille…
On a donc le droit à un ersatz de "La nuit des morts-vivants", l'action se déroulant dans les années 60 avec une image qui pousse même le vice jusqu’à être en noir et blanc ! Soi-disant inspiré d'une nouvelle que le producteur exécutif Greg Nicotero avait lue il y a des années, il est bien malheureux que cet épisode insipide vienne conclure cette saison 3 en nous laissant un goût d’inachevé !
Comme pour les deux précédentes saisons, celle-ci est, par moments, assez bonne par ses scénarios et ses acteurs plutôt bien choisis. Il y a toujours également une dimension comique volontaire ou pas de certaines scènes, ce qui ajoute de l’intérêt ou nous fera regretter d’avoir visionné tel ou tel épisode, c’est selon ! Malheureusement, ce n’est pas aussi bon que le "Creepshow" séminal de 1982, mais ça doit être relativement sympa à voir…quand on a douze ans ! Pour les plus anciens, il y a tout de même beaucoup mieux à visionner car c’est trop moyen pour convaincre !