LUZ

LUZ

Luz, une jeune conductrice de taxi hispanophone, se rend dans un poste de police allemand dans un état second. Les policiers la mettent sous hypnose afin de comprendre ce qui lui est arrivé et ce qu’il est advenu de Nora, sa dernière passagère. Ce qu'ils ignorent, c'est qu'une entité démoniaque est déterminée à rester près de la jeune femme, mais est-ce bien là sa seule intention ?

LUZ | LUZ | 2018

L'AVIS :

Projet de fin d’études de son réalisateur Tilman Singer, Luz navigue de festivals en festivals après avoir été reçu très positivement chez nos amis d’outre-Rhin. Le scénario est sibyllin et complètement fou. Ainsi, on suivra Luz, une conductrice de taxi qui arrive très étourdie dans un commissariat allemand. Parallèlement, dans un bar lambda, Nora engage une conversation avec le Dr Rossini, psychiatre pour la police. Elle lui raconte le passé peu orthodoxe de son ancienne camarade de classe Luz, dans un lycée chilien pour filles et lui parle d’un rituel qui aurait mal tourné. Peu de temps après, appelé au poste de police, le docteur place Luz en état d'hypnose, sous la supervision de ses collègues, le commissaire Bertillon et son traducteur Olarte. La jeune chauffeuse va alors se remémorer les événements qui ont précédé son arrivée au commissariat. Mais une entité démoniaque proche aspire à autre chose. Peu à peu, elle s'immisce dans la reconstitution de Luz et fait ressurgir de vieux souvenirs…

La confusion de ce récit pourrait vraiment en rebuter plus d'un. La mise en scène mélange volontairement les pistes en jouant sur la présence, l'absence et la transformation d'éléments visuels et sonores. Par exemple, dans un plan, un protagoniste se trouve derrière un autre, puis disparaît dans la séquence suivante, tout comme on entend parler des personnages absents. En outre, certains prennent l'apparence d'autres ou reçoivent des coups, alors que l’un d’entre eux finit complètement nu, qu’une autre mime la conduite d’un véhicule sans ce dernier et que certains apparaissent et disparaissent pour mieux distordre la réalité. Bref, on est complètement perdus ! Mais c'est justement en cela que consiste la beauté de la chose : tenter de démêler le réel de ce qui ne l’est pas. Ajoutez à cela que le film est en espagnol et en allemand, le tout sous-titré en anglais, ce qui n'aidera pas forcément à une meilleure compréhension de l’ensemble !

Plastiquement, le film est magnifique : un 16 mm granuleux comme il le faut accompagné d’un son n'étant pas en reste avec une grande attention portée aux bruitages, à l’atmosphère et aux musiques de fond. Quoi que l’on en dise, Tilman Singer est doué et sait créer une ambiance. Certaines idées de mise en scène sont audacieuses, mais d’aucuns pourraient lui reprocher que malgré sa courte durée, certaines scènes de son film tirent sur la longueur et que quelques dialogues paraissent verbeux voire interminables. Peut-être qu’avec un meilleur script ou avec un scénario mieux circonscrit, le métrage en aurait été meilleur et mieux rythmé, qui sait ? Toujours est-il qu’il était tout de même bien agréable à voir et qu’en 1h10 seulement, il nous transporte dans un cauchemar éveillé (ou presque) très prenant et bien ficelé qui ne livre pas tous ses secrets au premier visionnage. Alors merci pour ce moment, Monsieur Singer !

Quel film singulier que celui-ci ! On ne comprend pas grand-chose, mais finalement, là n'était pas l'essentiel ! La forme l'a plus emporté que le fond ! Que dire d'autre de cette séance d'hypnose dans un commissariat qui tourne mal ? Qu'on y parle alternativement allemand et espagnol ? Que généralement une scolarité écourtée dans un établissement religieux comme celle vécue par une des protagonistes n'est pas bon signe ? Que malgré des décors malingres et minimalistes, on se serait cru dans un vrai taxi et un authentique commissariat ? Que les acteurs sont tous démentiels (notamment Jan Bluthardt et Julia Riedler vue dans Conann de Bertrand Mandico) ? Que ce film du débutant Tilman Singer laissait déjà augurer son futur long-métrage complètement fou également mais ô combien génial formellement parlant (aka Cuckoo) ? On aurait envie de répondre que tout cela sera convoqué, le mieux étant de visionner ce métrage OVNI afin de mieux s'en rendre compte par soi-même ! Alors préparez-vous au voyage !

LUZ | LUZ | 2018
LUZ | LUZ | 2018
Bande-annonce
Note
4
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Vincent Duménil