Affiche française
Exit 8 | 8-ban deguchi | 2025
Affiche originale
Exit 8 | 8-ban deguchi | 2025
Un film de
Date de sortie
Pays
Genre
Couleur ?
oui

Exit 8

8-ban deguchi

Ne négligez aucune anomalie.
Si vous en voyez une, faites demi-tour.
Si vous n'en voyez pas, continuez d'avancer.
Prenez la sortie 8.

Exit 8 | 8-ban deguchi | 2025

L'Avis :

Adapté du très sympathique jeu vidéo du même nom, Exit 8 vous propose de vous glisser le temps d'un film dans la peau d'un touriste essayant de sortir de la station Châtelet - les Halles à Paris d'un homme perdu dans les couloirs du métro. Une idée simple sur le papier, mais qui va nous donner un film vraiment réussi en parvenant à parfaitement immerger le spectateur.

Comme dans le jeu vidéo, un homme piégé dans un couloir de métro cherche la sortie numéro 8. Pour la trouver, il lui faut traquer les anomalies : s’il en voit une, il fait demi-tour. s’il n’en voit aucune, il continue. S’il se trompe, il est renvoyé à son point de départ. L'une des forces du film est d'avoir réussi à retranscrire l'aspect ludique de son modèle: à l'image des personnages, on essaiera de trouver les anomalies de cet escape game grandeur nature. Et si certaines paraissent évidentes, d'autres seront au contraire plutôt subtiles. Ce jeu des différences permanent nous permet d'entrer pleinement dans un film dont le rythme est pourtant plutôt lent, et va nous permettre de ressentir autant la satisfaction de découvrir la bonne réponse... que le caractère anxiogène des lieux et de certaines situations.

Car le couloir menant - ou pas - à la sortie 8 est d'une froideur clinique, typique des couloirs souterrains des transports en commun. La lumière trop vive (qui nous aveugle dès la première seconde du film), le bruit des pas qui résonnent, l'impression de tourner en rond avant même que le personnage ne soit enfermé dans sa boucle... Tout participe à un sentiment de malaise, qui va rapidement être renforcé par les anomalies rencontrées.

Il s'agit parfois d'un détail sur une affiche, d'un élément du décor qui se déplace... mais également de différences bien plus perturbantes, qui ancrent encore davantage le film dans une atmosphère de cauchemar, de ceux dont on ne parvient pas à se réveiller, dont on se sent prisonnier, et qui basculent peu à peu dans l'irrationnel ou le glauque. A ce titre, le personnage de l'homme qui marche est remarquable, capable de provoquer la sympathie comme le frisson d'un simple sourire.

Je ne regretterai finalement que l'impression que le film reste en surface de ses thématiques, son omniprésent ruban de Möbius (jusque dans le 8 du titre), son côté sisyphesque ne débouchent finalement sur rien, sinon sur une conclusion un peu trop convenue. Un détail (une anomalie ?) pour un film qui montre une nouvelle fois qu'avec peu de moyens mais des idées, on peut signer une oeuvre prenante et intense.

Exit 8 | 8-ban deguchi | 2025
Exit 8 | 8-ban deguchi | 2025
Bande-annonce
Note
4
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Steeve Raoult