Predator : Badlands
Predator: Badlands
Dans le futur sur une planète lointaine, un jeune Predator, exclu de son clan, trouve une alliée improbable en la personne de Thia et entreprend un voyage en territoire hostile, à la recherche de l'adversaire ultime.
L'Avis :
Il avait remis la saga sur de bons rails avec "Prey", puis avec le film d'animation "Predator : killer of killers" : Dan Trachtenberg continue à développer sa vision du chasseur extraterrestre le plus célèbre du cinéma avec "Predator : Badlands". Avec cette fois, une petite originalité, puisqu'il nous propose de suivre un Yautja, et non un humain cherchant à lui échapper.
Ce sera l'occasion d'explorer de nouveaux aspects des "prédateurs" et de leur culture. Le film débute sur leur planète, et l'introduction nous dévoile une partie de leur mythologie, marquée par le rite initiatique les conduisant à ramener le trophée d'un adversaire de valeur pour être accepté par le clan. Pour mieux appréhender ces éléments, un langage a même été créé par Britton Watkins, le linguiste à qui l'on doit également la langue des Na'vi dans la saga "Avatar". Certains estimeront peut-être que ces "révélations" font perdre un peu de leur aura aux Yautjas, mais elles s'intègrent parfaitement à l'univers Predator, d'autant qu'elles ne font que prolonger les éléments que l'on connaissait déjà, sans inventer la poudre. Et c'est un passage obligé pour mieux appréhender le personnage principal du film, Dek, et mieux cerner son évolution.
Car Dek est un représentant considéré comme chétif dans son espèce. Pour prouver sa valeur, il va ainsi choisir d'affronter une créature présumée invincible, le Kalisk. Une aventure qui ne va, évidemment, pas se dérouler comme prévue, la quête de trophée se transformant finalement en quête initiatique pour le jeune guerrier, où il devra adopter des stratégies qui semblent incompatibles avec les préceptes suivis par son clan. On va donc le suivre dans un premier temps à la découverte d'une planète particulièrement hostile, où la faune et la flore rivalisent de dangerosité.
C'est justement cette dangerosité qui va faire basculer le récit : pour chasser le Kaslik, Dek va devoir s'allier à une cyborg et à une créature autochtone. Si le trio évoque davantage un Star Wars qu'un Predator, et si l'on avait sans doute pas très envie de voir un chasseur implacable faire copain-copain avec une sidekick comique et un animal de compagnie mignon, le trio fonctionne bien, et va permettre de développer l'une des thématiques principales de l'univers Predator : le triomphe de la débrouillardise sur les armes ultra-perfectionnées.
En effet, comme Dutch ou Naru en leurs temps, Dek va devoir utiliser les ressources de l'environnement qui l'entoure pour vaincre ses ennemis plus avancés technologiquement. Le résultat est particulièrement réussi et franchement réjouissant, et on appréciera vraiment de voir le Yautja abattre ses ennemis en utilisant les capacités impressionnantes du biome de la planète.
En continuant à explorer et à développer l'univers Predator par des films indépendants les uns des autres, Dan Trachtenberg est en train de créer une saga cohérente et vraiment intéressante, bien loin des œuvres sans saveur des années 2010. "Predator : Badlands" s'amuse même à détourner certaines ficelles de la saga pour nous surprendre, et le final me donne clairement envie d'en voir plus sur la nouvelle bande de Dek - et pourquoi pas en comics ?