Screamboat
Screamboat
Des New-Yorkais embarquent sur un ferry mais sont loin d’imaginer qu’un monstre sadique et sanguinaire va transformer le trajet en véritable cauchemar…
L'AVIS:
Nous avons eu droit ces dernières années à plusieurs personnages de dessins animés ancrés dans des films d’horreur. Ainsi nous avons vu par exemple Winnie l’Ourson et ses amis, Popeye, Peter Pan ou encore Bambi se frayer un chemin dans ce nouveau sous-genre de l’horreur.
Bien que la qualité varie entre le mauvais et le moyen dans ces longs métrages, j’étais impatient de découvrir enfin ce "Screamboat" en 2025 !
Et c’est donc ce cher Mickey ici qui est mis à l’honneur et plus particulièrement le fameux court métrage "Steamboat Willie" de Walt Disney sorti en 1928. Le film qui a définitivement mis dans la lumière la plus célèbre des souris a donc droit ici à une sorte de nouvelle vie sous format horrifique. Et bien évidemment c’est une bonne grosse souris qui sème la terreur sur le bateau. Purée que c’est excitant comme projet pour les fans de Disney comme votre cher rédacteur !
Histoire de mettre également en appétit les fantasticophiles (que je suis également, je vous rassure), "Screamboat" a été mis en chantier par les producteurs de la saga "Terrifier" et va également nous permettre de retrouver un certain David Howard Thornton (qui incarne Art le clown) dans la peau encore et toujours du vilain méchant du film.
Alors, qu’en est-il de ce fameux film de l’illustre inconnu Steven LaMorte ?
Une des choses qui marque dès les premières minutes du long-métrage, c’est qu’à la différence d’autres films de ce sous-genre horrifique mettant en scène des personnages de dessins animés tombés dans le domaine public, ce "Screamboat" affiche rapidement un second degré assumé.
En effet, l’humour parfois cartoonesque est bien présent, surtout par le biais de sa musique ou de petits détails amusants (le gros maillet qui s’abat plusieurs fois à côté de la victime avec maladresse, les cœurs qui gravitent autour du visage d’une jeune femme dont notre grosse souris s’emble s’être amourachée…), mais il faut bien l’avouer : c’est très mal amené, mal dosé et surtout la plupart des scènes mêlant humour et horreur font l’effet de véritables pétards mouillés.
Et que dire du scénario ?
Là, nous touchons clairement l’un des gros points sensibles (pour ne pas dire points noirs…) de "Screamboat", c’est indéniable et personnellement ça fait mal de voir autant de gâchis et autant de médiocrités scénaristiques qui viennent clairement cracher à la gueule du fabuleux matériau d’origine.
Quasi inexistant et se contentant manifestement de nous mettre Mickey dans la peau d’un tueur sadique et de faire quelques clins d’œil évidents à Disney (une bande de filles habillées en princesses, le sifflement de notre sympathique souris quand elle prend la barre du bateau à vapeur…), le scénario élaboré par le réalisateur et un acolyte (car ils sont deux à avoir pondu cela, aussi dingue cela puisse-t-il être…) est d’une crétinerie sans pareil. Rebondissements débiles, raccourcis honteux, jumpscares ratés et final sacrément poussif : voilà une belle brochette de points négatifs pour gagner le Razzie Award du pire scénario.
Et que dire du rythme du film… Alors oui il y a pas mal de mises à mort mais tous ces meurtres sont englués dans une histoire vraiment poche qui n’en finit pas : c’est loooooooong et la fin ne semble pas vouloir pointer le bout de son museau malheureusement (« Mais crevez-la et qu’on en finisse bin diou ! »)…
Peut-être les personnages de notre histoire remontent-ils un peu la qualité du métrage ?
Hé bien certainement pas… Nous avons droit ici à une galerie de personnages insupportables pour la majeure partie d’entre eux mais surtout inintéressants au possible. Les dialogues sont pathétiques et nuisent clairement au bon déroulement de ce qui se passe sous nos yeux (mais comment est-il possible de mettre autant de dialogues niais dans un film ?)
Bref, des personnages qui n’apportent vraiment rien au film et ne sont finalement que de la chair à canon (d’ailleurs on espère une mort rapide pour certains…). Bon, c’est déjà ça…
Alors justement parlons-en de la chair à canon ! Nous le disions précédemment : les mises à mort sont nombreuses et c’est bien là le seul vrai point fort de "Screamboat".
Mais là aussi (car oui il y a un « mais), bien que l’on puisse saluer le fait que la majeure partie des effets spéciaux sanglants soient réalisés à l’ancienne, nous ne pouvons pas dire que tous soient très esthétiques…Entre des raccords douteux et des effets à l’ancienne ratés, on retrouve certes quelques séquences sympathiques comme ce tranchage de pénis en pleine fellation (pour le coup, une scène mêlant trash et cartoon avec beaucoup de réussite et d’hémoglobine) ainsi que de sympathiques geysers de sang mais la majorité des meurtres seront rapidement oubliés une fois le film terminé du fait de leur manque d’inventivité ou de leur mauvais rendu.
Et que dire de notre grande souris psychopathe ?
Dégueulasse au possible, animé avec tellement de maladresses (la marionnette est tellement foireuse…) que cela en devient risible (la souris incrustée dans certains plans font mal aux yeux) et énervant (saccager Mickey ainsi…), notre vilain méchant est finalement bien plus pitoyable qu’effrayant… On en vient à sacrément regretter les personnages de Winnie et Porcinet dans "Winnie the pooh : Blood and honey" alors que je n’en avais pas forcément dit du bien à l’époque de sa chronique (préférant leur design dans le second opus)…
Au final, ne vous ruez surtout pas comme moi sur ce "Screamboat". Avoir tant attendu pour finalement se retrouver devant un film ayant la particularité de saborder (oui on reste dans le thème) tout ce qu’il entreprend (scénario, personnages, rythme et nombreux effets visuels), c’est une sacrée douche froide que je me suis prise là…