Wolf man (2025)
Wolf man (2025)
Blake quitte San Francisco avec sa femme et sa fille pour se rendre quelques temps dans l’Oregon suite au décès de son père pour y vider la maison familiale dans laquelle il a grandi étant gosse.
Alors qu’ils arrivent de nuit à la propriété baignée dans la forêt, ils sont attaqués par ce qui semble être un animal affamé et trouvent refuge dans la maison d’enfance de Blake. Barricadés dans celle-ci, le père de famille commence à se sentir mal et semble souffrir d’un mal qui le ronge de l’intérieur…
L'AVIS:
"Wolf Man (2025)" nous arrive juste après le nouveau "Nosferatu" de 2024 et fait office de premier « gros » film fantastique de l’année.
Réalisé par Leigh Whannell (à qui l’on doit le troisième volet de la saga "Insidious", "Upgrade" et le "The Invisible Man" de 2020), grand ami de James Wan (pour qui il a notamment scénarisé "Saw", "Dead silence" et "Insidious"), "Wolf Man (2025)" va surtout diviser le public dès les premières projections (là où le nouveau "Nosferatu" de Robert Eggers rassemblait bien plus de promoteurs que de détracteurs assurément).
Curieux de savoir ce que vaut réellement ce nouveau film de loup-garou (un registre dont votre fidèle rédacteur est assez friand), je me suis lancé dans la projection de ce dernier avec beaucoup d’espoir il va sans dire.
Hé bien, pour être tout à fait franc (comme d’habitude ai-je envie de dire), je comprends parfaitement que le film puisse diviser et nous allons revenir justement sur ce qui peut décevoir dans le long-métrage de Leigh Whannell comme sur ce qui peut enthousiasmer. Quoiqu’il en soit, "Wolf Man (2025)" est un très bon divertissement et bénéficie de nombreuses qualités qui n’en font pas du tout un raté comme on peut le lire parfois depuis sa sortie en Janvier 2025.
Une des grandes forces de ce nouveau film de notre cinéaste australien réside dans l’atmosphère. Lugubre et sacrément prenante, cette dernière saura vous angoisser sans grande difficulté. La sensation d’isolement (la maison familiale est perdue dans la forêt et seule une petite route caillouteuse permet de s’y rendre) et le sentiment d’insécurité quasi permanent dans le film (dans la nuit omniprésente, l’ennemi est longtemps invisible avant qu’il ne surgisse de partout pour mieux effrayer le spectateur) renforcent cet aspect anxiogène. Et enfin rajoutez une ambiance sonore réussie de bout en bout (les craquements et crépitements aussi bien dans la forêt que dans la maison, les soufflements et grognements des créatures qui nous informent qu’elles ne sont pas bien loin et peut-être nous sentent et nous observent…) et vous obtenez là l’alchimie PARFAITE pour créer un cadre stressant et glauque à souhait.
Et ce qui fonctionne également pour angoisser au mieux son public, c’est de se rendre rapidement compte que la menace est aussi bien dans la maison que dehors. A partir de ce constat, difficile de se dire quelle est la pire des solutions entre se barricader avec potentiellement un grand danger sur le même plancher que soi et ouvrir la porte et se sauver le plus loin possible de cette baraque - qui n’a rien d’accueillant - au risque de tomber nez à nez avec cette créature qui rôde dans la forêt…
Alors oui, le film présente quelques longueurs principalement dans sa première partie tandis que le jeu du chat et de la souris dans la seconde fonctionne plutôt bien malgré un côté un peu répétitif il faut l’admettre. Mais honnêtement je pinaille et cela ne nuit pas vraiment au divertissement qui nous est proposé ici, le film parvenant sans peine à nous tenir en haleine malgré ces légers défauts qui sont vite rattrapés par des scènes remuantes ou frémissantes. Le casting d’ailleurs est de bonne facture et nous livre ici des interprétations convaincantes, un point non négligeable.
Mais voilà, la grande question que l’on se pose ici est la suivante : « A-t-on réellement affaire à un loup-garou ? ». Avec un titre pareil, nous aurions envie de dire « Oui » mais pourtant tout laisse supposer le contraire car, à la manière du bien sympathique "Howl" de Paul Hyett, nous ne retrouvons pas ici ce qui fait le mythe de cette créature légendaire. Pas de pleine lune dans "Wolf Man (2025) " et surtout une impression d’avoir ici bien plus affaire à une maladie qu’à une malédiction (une fois transformé, on ne revient pas en arrière : on reste dans cet état d’entre-deux espèces et rien n’est de ce fait cyclique).
Et voilà l’une des raisons qui fait, je pense, que beaucoup ont été peut-être déçus de ce nouveau film de loup-garou : vous n’aurez en effet pas droit à ce visage animal avec ce museau si caractéristique des loups et ce corps couvert de poils comme on a pu le voir à tant de reprises par le passé dans divers films (nous resterons sur quelque chose d’encore très humain dans son stade final).
Mais que l’on se rassure : les transformations sont bien présentes et sauront vous enthousiasmer sans aucun problème selon moi. A la manière du film de David Cronenberg "La mouche", nous allons voir notre malheureuse victime changer petit à petit. Tout d’abord ce seront les sens qui se développeront (l’ouïe dans un premier temps deviendra très fine, puis l’odorat et la vue prendront le relai), la parole ne sera plus et bien évidemment ce sont les changements physiques qui marqueront le spectateur (comme d’accoutumée dans les films de loups-garous aurais-je envie de dire). Et à ce titre, peu de CGI et pas mal d’effets à l’ancienne sont proposés et cela nous fait sacrément plaisir ! Entre la mâchoire qui se développe avec les dents humaines qui tombent pour faire place à de belles canines, les griffes qui poussent les ongles pour prendre leurs places définitivement, les phalanges qui s’allongent pour donner de belles grandes pattes, sans oublier la musculature et le visage qui se modifient pour donner lieu à quelque chose d’effrayant, tout est fait pour que l’on aime ces passages si attendus dans ce registre cinématographique !
Seul bémol dans cette transition d’humain à bête humaine : les séquences où nous sommes dans la peau du loup-garou sont moches et sans grand intérêt si ce n’est de comprendre que la créature ne perçoit plus les mots qui sortent de la bouche des humains face à lui. Ces scènes sont un peu trop nombreuses à mon goût et gâchent quelque peu le climat instauré. C’est dommage…
Après avoir modernisé l’Homme Invisible, Leigh Whannell se lance avec "Wolf Man (2025)" dans la modernisation du mythe du Loup-Garou. En ressort un très bon divertissement, même si les puristes/fans des films de lycanthropie y trouveront pas mal d’anomalies relatives au mythe de cette créature légendaire.
Hé oui, notre natif de Melbourne a pris quelques libertés au risque de décevoir certains fantasticophiles au passage. Et pour ma part, j’ai bien aimé !