Cartes du mal - les

Tarot

Une bande de jeunes louent une ancienne maison pour un petit séjour bucolique. Dans une des pièces, ils vont trouver un musée remplie d’objets obscures. Jetant leur dévolue sur un jeu de cartes de tarot, ils vont se lancer dans une partie de divination mortelle.

Cartes du mal - les | Tarot | 2024

L'AVIS :

Amis de l’originalité, aventuriers de l’inconnu, fanatiques du renouveau, passez votre chemin, pauvres fous ! "Les cartes du mal" se situe dans la droite lignée des films d’horreur pour adolescents qui pullulent depuis des décennies. Si vous avez pleurer des larmes de sang devant "I wish", "Action ou vérité", "Countdown" ou plus récemment "Night Swim" ou "Imaginary", alors ces cartes du mal ne sont pas pour vous.

Tout ici sent le réchauffé. Du groupe de jeunes pas très malins réveillant un démon qui ne demandait rien à personne, une série de mises à mort entraînant des dialogues classiques entre les survivants, la « fameuse » recherche sur internet qui permet de trouver, en moins de trente secondes, la seule personne capable de connaître la malédiction et qui, par « chance », n’habite pas trop loin de chez eux… Bref, le scénario reprend celui de centaines d’autres films en y ajoutant un jeu de tarot disposé à prédire l’avenir. Et encore, même cela est mal exploité, le film ne s’habillant que d’un skin « cartes » sans jamais réellement approfondir le côté mythologique de la chose. Même les passionnées d’horoscope et autres divinations seront déçus face à la faible maîtrise du sujet.

Revenons un peu en arrière. Il est fort probable que par un réflexe de curiosité, vous, lecteurs, ayez d’abord jeté un œil sur la note attachée à cette chronique et vous vous dites alors : « cette chronique commence mal, pourtant la note est honorable ». Est-ce une erreur de frappe ? L’œuvre d’une entité démoniaque ? Rien de tout cela. Juste le côté conciliant et bon public de l’auteur de ces lignes. Comme stipulé plus haut, si vous êtes allergique aux films formatés pour adolescents, rien ne sert d’investir du temps (ou pire de l’argent) dans cet objet filmique banal. Mais, si d’aventure, vous étiez tenté d’y jeter un œil, ayant été divertit par moult bandes horrifiques calibrées, alors "Les cartes du mal" pourra une fois de plus vous contenter.

Porté par un budget de huit millions de dollars, le film du binôme Anna Halberg & Spenser Cohen, a suffisamment de budget pour proposer un spectacle solide et shooté correctement. Rien de transcendant, la mise en scène reste fonctionnelle, mais la photographie est propre, certains jeux de lumière fonctionnent et le montage rythme l’ensemble de manière efficace. Il faut dire que le film a la courtoisie de durer 1h30, générique compris.

Surtout, le métrage a le mérite de nous proposer un bestiaire, sorti des cartes de tarot, varié et au design plutôt réussi. Du fou, à la sorcière en passant par le magicien, tous sont plutôt réussis et apparaissent, certes grâce à des jump scares faciles, de manière surprenantes (bien que redondantes) et en full frontal. Les meurtres sont eux aussi plutôt originaux, bien que dénués de gore. Aussi, à la manière d’un "Destination finale", les morts sont toutes liées à une prédiction. Toutefois, il faut avouer que l’ensemble est tiré par les cheveux ce que ne manquera d’ailleurs pas de dire un des protagonistes à celle expose la théorie.

J’avais prédit que notre amie allait avoir une ascension fulgurante et elle est morte en grimpant une échelle. J’avais prédit qu’untel allait prendre la mauvaise voie et il s’est fait percuté par un métro
Tout est quand même très bête et semble avoir été écrit lors d’un brainstorming de quinze minutes en validant la première idée venue. Toutefois, à l’image, étonnamment, ça fonctionne grâce aux qualités précitées.

Conclu par une fin de film hollywoodien classique à base de happy-end et d’humour alors que les trois quarts du casting (et donc de leur amis) sont morts, « Les cartes du mal » laisse tout de même un goût de fainéantise dans la bouche et on peut clairement se demander comment des films cahier des charges comme cela peuvent encore exister de nos jours. Sûrement pour des gens comme moi, me direz-vous. Et à priori, pour d’autres, car à l’heure de l’écriture de ces lignes, le film a engendré 40 millions de dollars au box office. Pas dingue, mais de quoi laisser la porte ouverte à des dizaines d’œuvres du même style prêtes à faire hurler, en toute sécurité et sans trauma, des milliers d’adolescents.

Cartes du mal - les | Tarot | 2024
Cartes du mal - les | Tarot | 2024
Bande-annonce
Note
3
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Sylvain Gib