Affiche française
Puppet master 3 | Pupper master 3 | 1991
Affiche originale
Puppet master 3 | Pupper master 3 | 1991
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Puppet Master 3 : la revanche de Toulon

Puppet master 3 : Toulon's revenge

1941, en pleine occupation nazie. Un scientifique allemand, le docteur Hess, fait des recherches pour tenter de réanimer les soldats morts sur le front. Lorsqu’un soldat lui apprend qu’un marionnettiste semble faire vivre ses marionnettes qui bougent sans fil, Hess demande à la Gestapo de le kidnapper pour qu’il puisse l’interroger. Aidé par ses marionnettes, André Toulon parvient à s’échapper, mais sa femme, Elsa, est tuée par le sadique Major Krause. Pour Toulon, l'heure de la vengeance a sonné et il est bien décidé à supprimer les nazis responsables de la mort de son épouse...

Puppet master 3 | Pupper master 3 | 1991

L'AVIS :

Il est coutume de dire que lorsqu'un film à succès déclenche l'arrivée d'une tripotée de séquelles, celles-ci ne sont généralement pas du même niveau et se révèlent inférieures à l'original, sauf exception (Le Parrain 2, L'empire contre-attaque à titre d’exemple ultra connu). A ces deux films prestigieux, on pourra donc ajouter ce Puppet Master 3 ! Incroyable car le film est réalisé par David DeCoteau, qui est, il faut le reconnaître, capable de tout mais surtout du pire. Bon, au début de sa carrière, après pas mal de porno, il se lance dans la série B de genre et nous offre "Dreamaniac" en 1986, le fun "Creepozoïds" en 1987, "Sorority Babes in the Slimeball Bowl-o-rama" et "Nightmare Sisters" en 1988 et tout un tas de films à petit budget par la suite. Homosexuel, il va se spécialiser dans le film de genre à connotation gay à partir des années 2000 et à ce jour, sa filmographie comporte + 190 réalisations ! Costaud le gars !

De l’avis général, Puppet Master 3 est son œuvre la plus aboutie. Il faut dire que Charles Band, toujours producteur avec la Full Moon Pictures, a disposé d'un budget relativement appréciable pour ce troisième chapitre, c’est même le plus gros budget pour une production Full Moon, et surtout d'un très bon scénario, concocté par C. Courtney Joyner. Ce dernier est un scénariste assez productif, on lui doit entre autres le scénario de "Prison" de Renny Harlin, de "Class of 1999" et de tout un tas de petites productions telles "Dr. Mordrid", "Future Cop 3", "Delivre-nous du Mal", "Trancers 6" et j’en passe. Coup de chance, les deux premiers Puppet Master ayant rapporté pas mal d’argent, la Universal voudrait sortir en salle un troisième chapitre, ce qui permet à David DeCoteau de pouvoir utiliser un plateau de tournage de cette firme prestigieuse pour tourner des scènes extérieures, ce qui renforce évidemment l’aspect qualitatif de son film. Qui plus est, le réalisateur est très investit et va nous épater avec une mise en scène plus que correcte, une direction d'acteur convaincante mais surtout une envie de bien faire qui fait plaisir à voir.

Puppet Master 3 va donc nous en apprendre plus sur André Toulon et ses marionnettes. Le marionnettiste est interprété par l’acteur Guy Rolfe, qu’on a pu voir dans "Ivanhoé", "Les étrangleurs de Bombay" et surtout dans "Mr Sardonicus" de William Castle, dans lequel il jouait le rôle-titre. Il est amusant de noter qu’en 1986, il joue déjà un personnage qui dirige des poupées vivantes dans le "Dolls" de Stuart Gordon. Dans Puppet Master 3, il est franchement très à son aise dans le personnage d’André Toulon et il livre une bonne prestation. Et surtout, il est ici présenté comme une victime, non comme un personnage maléfique.

Traqué par les nazis, Toulon ainsi que ses marionnettes sont les héros du film et non les antagonistes dans ce troisième épisode et ça fait une grande différence. Nos fameuses marionnettes ont une justification à leurs actes et on les encourage même à massacrer les méchants nazis. Ici, elles ne sont plus de simples « monstres de films » mais un moyen de survivre pour leur créateur. Très futé de la part du scénariste d’avoir eu cette approche, d’en avoir fait des poupées « justicières » car on les prend encore plus en affection. Guy Rolfe rejouera André Toulon dans Puppet Master 4, 5 et Retro Puppet Master qui sera son dernier film. Il est décédé le 19 octobre 2003. Face à lui, on trouve Richard Lynch, qu’on ne présente plus. Le charismatique acteur a joué dans plus de 160 films et séries-télévisées et il a fait le délice des fans de cinéma Bis, notamment dans "Amazonia la jungle blanche", "Invasion USA", "Les Barbarians", "Werewolf" et j’en passe. Décédé le 19 juin 2012 à 72 ans, Richard Lynch livre une solide composition dans le film de David DeCoteau en interprétant un major de la Gestapo qui ne recule devant rien pour atteindre ses objectifs. Avec sa chevelure blonde, il est parfait pour ce rôle, assurément l’un de ses meilleurs. On trouve également au générique Ian Abercrombie quoi joue le Dr Hess ou Sarah Douglas qui joue Elsa, la femme de Toulon. On a aussi Walter Gotell dans le rôle du général Mueller et la charmante Michelle Bauer qui régalera ce dernier, et nous par la même occasion, de sa plastique dénudée. Bref, un casting plutôt solide, qui tire cette production Charles Band vers le haut, incontestablement.

Niveau décors, reconstitution et costumes, c'est encore du tout bon même s'il ne faut pas s'attendre à voir une production pharaonique à la Cécil B. deMille évidemment. Mais on sent vraiment que l'équipe technique a fait un vrai travail soigné qui confère réalisme et efficacité à Puppet Master 3. Le travail sur les marionnettes est lui aussi à la hauteur de ses deux prédécesseurs - on a encore David Allen et ses équipes qui assurent la manipulation des marionnettes - et la joyeuse équipe de poupées tueuses n'a jamais été aussi bien mise en valeur. On retrouve avec plaisir Jester, Pinhead, Tunneler, on découvre l’excellent Six-shooter, cowboy à six bras et donc possédant six pistolets, pratique pour dézinguer du nazi ! Par contre, point de Blade ni de madame Leech à l’horizon.

Et c’est là ou Puppet Master 3 frappe fort puisque, rassurez-vous, elles seront bien présentes et cerise sur le gâteau, on va même découvrir la naissance de ces deux marionnettes culte. Je n’en dévoile pas trop pour vous laisser le plaisir de la découverte mais de savoir ce qu’elles étaient avant – ou qui elles étaient avant - leur donne une consistance et un intérêt augmentés. Concernant Blade, même si on sait que la source d’inspiration de son visage a été l’acteur Klaus Kinski, l’idée retenue dans Puppet Master 3 pour expliquer son look est diablement réussi et lui donne une aura iconique supplémentaire. On a aussi une excellente séquence introductive, digne du Ré-Animator de Stuart Gordon, avec liquide vert fluo et mort réanimé et violent. Très sympa !

Niveau violence et gore, on reste dans une approche assez soft qui ne devrait traumatiser personne, avec toutefois quelques attaques de Tunneler légèrement sanguinolentes. Par contre, on note tout de même une certaine retenue de la part de David DeCoteau – retenue voulue par Charles Band car il tenait absolument à ce que le film soit distribué par la Universal et à donc mis un frein aux débordements trop graphiques, ce qui a généré quelques tensions lors du tournage - et on voit bien que le réalisateur se concentre vraiment sur l'histoire, la mise en scène et sur les éléments dramatiques plutôt que sur l’extravagance ou un quelconque aspect grand guignol, même s’il est présent lors de certaines séquences.

Et ça donne au final une vraie plus-value au film, qui gagne en maturité, qui se montre plus adulte, plus sérieux, moins festif que les épisodes précédents par contre mais c’est vraiment un bon film, qui a certes oublié en chemin la chronologie des événements puisque je rappelle qu’André Toulon se suicide dans le premier épisode en 1939 alors que ce chapitre 3 se déroule en 1941 mais bon, passons sur ce détail, il ne gâche pas notre plaisir. C’est un exemple réussi de comment une petite série B sans gros moyens parvient qualitativement à transcender son sujet et à donner une véritable âme à ses personnages cultes.

Puppet master 3 | Pupper master 3 | 1991
Puppet master 3 | Pupper master 3 | 1991

https://videopopcorneditions.com/products/puppet-master-3-blu-ray-editi…
Pour redécouvrir Puppet Master 3, je vous conseille bien sûr la récente édition de chez Videopopcorn Editions, puisque le film a bénéficié d’une très belle remasterisation et qu’il est proposé en blu-ray mais aussi en 4K, en VF et VOSTF ! Niveau bonus, on trouve une première mondiale sur Blu-ray puisque la version « Full Moon Noir » est incluse, c'est-à-dire le même film mais en noir et blanc, justifiée par Charles Band qui était un grand fan des films noirs des années 50 et dont l’ambiance dans Puppet Master 3 est un hommage aux films de cette époque. Une version intéressante, qui se prête bien à ce film en effet, même si je lui préfère la version couleur pour le coup. On trouve aussi un commentaire audio sous-titré en français de David DeCoteau et du scénariste C. Courtney Joyner. Au menu également, un excellent bonus, le Full Moon Videozone, sorte d’émission dédiée à la Full Moon et produite par Charles Band, qui nous propose des extraits de films à venir (à l’époque évidemment) et un module sur le tournage de Puppet Master 3 ! Le meilleur bonus pour ma part. On termine avec la bande annonce. Ah oui, contrairement à ce qui est annoncé sur la fiche technique et repris sur tous les sites, le film n’est pas proposé dans un format 1.33 puisque le format d’origine est le 1.85. Une édition que je recommande vivement en tout cas si vous êtes amateurs des marionnettes d’André Toulon !

Bande-annonce
Note
4
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Stéphane Erbisti